‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 157 sur 174 · LA CHEVALERIE · texte numérisé non relu

LA CHEVALERIE

Jérusalem dont les portes ne s'ouvrent devant lui qu'après pénitence. Les plus criminels se montrent les plus ardents. Foulques Nerra, TAngevin, avait été l'ennemi de tous ses voisins. Tant qu'il vécut, point de repos ni pour les Bretons, ni pour les Poitevins, ni pour les Normands! Un jour qu'il saccageait Sau- i a mur, il mit de sa propre main le feu à l'église Saint- ff ^< Florent : « Laisse-moi brûler ton église , dit-il au saint, je t'en bâtirai une plus belle à Angers. » Il avait terrassé, foulé aux pieds, son fils rebelle. Il avait poignardé sa femme, Elisabeth. Trois fois, il fait à pied le voyage de Jérusalem. Au retour du troisième voyage (1040), il s'arrête à Metz et y meurt de fatigue. Robert le Diable était devenu duc en empoisonnant dans un festin de réconciliation son frère Richard et ses barons ; il avait bravé pendant plusieurs années les anathèmes de l'archevêque de Rennes, comprimé avec une férocité inouïe toutes les révoltes de ses vassaux, porté la guerre en Bretagne, menacé l'Angleterre d'un débarquement, rivalisé de turbulence avec Foulques d'Anjou. Tourmenté peutêtre par le remords de son fratricide, il assemble un jour ses vassaux, leur déclare son intention de visiter le tombeau du Christ, leur recommande un sien fils, bâtard, et se met en route. Il ne revit pas l'Europe ; la maladie le frappe à Nicée. Guillaume IV d'Aquitaine meurt aussi à Jérusalem. L'ambitieux Gottfried, l'archevêque de Mayence, avec une petite armée allemande, traverse l'empire grec et va jusqu'en Palestine. Là, du moins ils voient, ils créent au besoin des miracles; ceux-ci naissent de la sainteté

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