‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 158 sur 174 · S26 QUESTION D*ORIENT AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

S26 QUESTION D*ORIENT AU MOYEN AGE

même da lieu. C'est pour cela qae les méchants surtout s'élancent de la patrie à la demeure des saints, à la terre du Sauveur, de Dieu. ^

Cette génération cependant est trop vieille et tropr endurcie pour que sa conversion soit entière. L'Église compte davantage sur la génération suivante. Le^ rêve conçu, il y a trois quarts de siècle, par Syl-J vestre II, commence en effet à devenir une réalité. Tout grand fait politique prend un caractère ecclésiastique. C'est là la marque du temps. La foi chrétienne s'arme; elle se revêt de la cuirasse pour accomplir ses rites sacrés; l'ambition conquérante s'autorise et se fortifie d'arguments de foi; l'esprit d'aventure s'enrôle sous une bannière bénite. Chez ces généra- ^ tiens, à qui la religion a imposé la trêve de Dieu, la déesse sauvage de la guerre reparait métamorphosée avec la panetière et le bourdon. De maudite et anathématisée qu'elle était, la bataille sera bientôt sainte i la Croisade approche. Déjà, dans la France, toujours prête à secourir des frères chrétiens, les chevaliers 1 du Languedoc et de la Bourgogne s'arment pour secourir les rois de Navarre et de Castille, les Sanche et les Alphonse. D'ailleurs les récompenses terrestres ne se font pas attendre. Les fils de Tancrède, partis avec le bourdon et la panetière en Italie, y légueront à leurs descendants le royaume de Naples et de Sicile. Un prince bourguignon, du nom de Henri, trouve une belle fiancée en Espagne et deviendra le fondateur du royaume de Portugal. La noblesse militaire chrétienne se met au service de l'Église. C-'^mment celle-ci ne chercherait-elle pas à consacrer, à orga-

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