‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 160 sur 174 · LA CHEVALERIE · texte numérisé non relu

LA CHEVALERIE

à Tombre de TÉglise, et comme pour son service, dont tous les soldats étaient unis, disciplinés sans se connaître, par un seul sentiment, véritable secret de la victoire dans les combats! A un moment donné, un seul mot pouvait, comme par enchantement, la faire sortir de terre.

Perdue au milieu de la caste guerrière et sans frein de la seigneurie féodale, qui se partageait et troublait toute l'Europe du moyen âge et n'obéissait le plus souvent ni à empereur, ni à roi, TÉglise avait trouvé le moyen peu à peu de dompter cette société et de radoucir. La chevalerie avait appris, sinon toujours à obéir à Dieu, au moins à tenir plus de compte des serments qu'elle lui faisait que de ceux prêtés au suzerain. De la trêve de Dieu, déjà imposée par l'Église à la guerre de Dieu, il n'y avait qu'un pas; et, s'il ne s'agissait que de commander de la part de Dieu, l'Église était plus sûre de rencontrer l'obéissance chez ces hommes avides de mouvement, d'aventures et de combats, en recommandant qu'en interdisant la guerre.

L'idée entrevue, il fallait rencontrer un homme pour associer, diriger toutes ces forces dispersées, et trouver l'image toute-puissante qui subjugue les esprits et le mot résonnant qui entraîne les cœurs. Ce fut l'œuvre du successeur de Grégoire VII, Urbain II, et le trait de génie ou de foi de Pierre l'Ermite. La foi des naïfs chrétiens d'alors avait besoin d'aides, de secours matériels ; nous l'avons vu, elle se prenait aux reliques des saints, aux lieux qu'ils avaient glorifiés, et leur accordait une certaine puis-

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