‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 166 sur 174 · LA CROISADE · texte numérisé non relu

LA CROISADE

succombent sur le champ de bataille, c'est pour en faire humble hommage à celui qui combat pour eux. Ils miraculisent jusqu^à leur triomphe définitif, dont ils font remonter l'honneur à celui qui les a envoyés.

C'est dans cet esprit, c'est-à-dire dans Fesprit même de la croisade, qu'il faut lire les historiens du temps qui Font racontée, et comprendre la première organisation qui fut donnée à la conquête. Des prophéties trouvées et répandues, au milieu de cette atmosphère miraculeuse, assurent le choix de Godefroy de Bouillon, comme baron du Saint-Sépulcre, pour défendre le royaume de Dieu reconquis. Le nouveau roi reçoit sans doute l'hommage des princes d'Antioche, de Jérusalem, d'Édesse, etc. Mais, entre lui et eux, il n'y a pas de lien plus fort que la foi. Aux sièges du patriarche de Jérusalem et des premiers évôchés, en date, du christianisme, à Ëdesse, à Antioche, à Tarse, des bénéfices, des immunités assurent des biens et une influence considérable. Mais l'institution si célèbre des ordres militaires et religieux, la création des moines chevaliers est la caractéristique la plus accusée de ce temps.

L'idéal de la guerre sainte, c'est le soldat religieux ou le reUgieux soldat. Les ordres de l'Hôpital et bientôt du Temple, soumis à la fois aux plus strictes vœux que la religion chrétienne réclame de ses plus dévoués serviteurs et aux plus rudes devoirs que la guerre impose à ceux qui suivent ses lois, sont la réalisation pure et simple mais achevée de cet idéal. Établis au poste d'honneur, gardiens du royaume de Jérusalem, du royaume de Dieu, sans cesse recrutés par la foi qui les

enfanle à la sainte vie de la g:ueiTe et les instruit à la guerre de la sainteté, ils immobilisent, ils éternisent au milieu des mahomélans la guerre sainte, la croisade. Et, en même temps, comme ils sont le typ" ''^ plus accusé de cette union de la politique et de la gion, de l'Église et de l'Ëtat, ils deviennent les sol tout naturels de la théocratie que la papauté faill instant constituer. Grand danger cependanti qui papes, un jour, après avoir déjà détourné quelqu le courant des croisades contre des chrétiens li tiques ou des rois rebelles à leur volonté, réussif à prendre au service de leur gouvernement intéi et à appliquer à la police de la chrétienté les so! qu'ils ont créés pour soutiens de leur politique éi gère en Asie; la théocratie serait fondée en N'est-ce pas un peu cette crainte qui réunit pins presque tous les rois dans une conspiration laquelle succomba partout en même temps le cél ordre du Temple?

Résultats de la croisade; mort de Henri IV. attendant, la papauté est victorieuse, même en rope, de ses adversaires et même de l'empire, tourné en Allemagne, Henri IV, homme d'un t temps, au milieu d'hommes nouveaux, appreni 1099 la nouvelle étrange, inouïe que la ville deJ salem a été prise par les guerriers de l'Occicj Dans toute la chrétienté, chaque soir on sonne cloches, on prie pour les croisés; chaque mati attend avec anxiété quelque grande nonvel laquelle tout le monde s'intéresse ; et loi, Henri le chef de la chrétienté, le successeur de ce Ghi

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