LES FAUSSES DÉCRÉTALES
Heureusement, déjà à cette époque, il y avait dans l'Église un sentiment tout-puissant d'unité et d'indépendance. « L'Église de Dieu que la séparation des royaumes », disait Hincmar, « ne saurait désunir, » était regardée par tout le clergé « comme une dans les royaumes des princes, parce que le sacerdoce est an, sicut et unum sacerdotium K » G*était une garantie de durée et de puissance! Enfin Tindépendance, môme Tautorité du siège de Rome survivait au partage politique ; peut-être même pouvait-elle mieux se maintenir, au-dessus des trois souverains, héritiers de l'empire, que sous la main d'un seul.
C/est sans doute cet instinct et cet intérêt commun [ de défense qui donna naissance à ce recueil célèbre ' de canons et de décrets apocryphes des conciles \ et des papes, répandu alors dans les diocèses de Mayence et de Reims, sous le nom d'Isidore de Seville, et qui exerça une si grande influence sur la constitution de l'Église et même sur l'avenir de l'Europe : les fameuses fausses décret aies! Ces canons et décrets, bientôt acceptés comme authentiques, dans un temps où la critique était peu avancée, avaient pour but d'assurer du haut en bas, dans une société . laïque désordonnée, l'indépendance du pouvoir, de la juridiction et des possessions de l'Église. Dans rÉgUse même, en soustrayant le plus souvent les 1 évêques, par la faculté de l'appel au pape, à l'autorité des métropolitains, en déclarant celui-ci supérieur aux conciles, aux rois, aux métropolitains, ils ratta-