Hincmar, De divortio Lotkarii (opp. I
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56 CHUTE DE L*EMPIRE DE CHàRLEMAGNE
chaient plus étroitement la hiérarchie au siège apostolique de Rome; ils consolidaient les bases déjà puissantes de l'unité catholique, et préparaient les voies à cette omnipotence spirituelle que la papauté, autorisée aussi par la légende, qui s'affermit et se propage dans le même temps, de la fausse donation faite en sa faveur par Constantin, devait exercer au milieu des ruines mêmes de l'empire, pour en abuser peutêtre un jour, mais après en avoir fait sentir quelquefois les avantages à la société européenne du moyen âge.
Ainsi, pour échapper au naufrage commun, TÉglise se serrait autour de son chef. La hiérarchie se fortifiait; et, au moment où la loi politique faisait défaut à l'empire chrétien universel, un ensemble d'actes erronés apportait ses bases à l'édifice futur de cette théocratie qui devait tenter de s'élever un moment comme un gouvernement moral, au-dessus de toutes les souverainetés et de toutes les nations particulières de la chrétienté *. Sans défendre la forme et le fond de ces inventions qui étaient en contradiction avec la vérité historique, mais non avec l'esprit du temps, elles pouvaient être une garantie d'ordre et d'unité, quand la société tombait en poussière dans l'anarchie et l'impuissance.
Le traité de Fraternité^ fait entre les trois princes carolingiens, en 844, avait montré que l'aîné, Lothaire, bien que revêtu du titre d'empereur, ne cher-
1. Richter, Lehrbuch des Kirchenrechts, p. 83, édition des fausses décrétales de Hinschius, 1863, et P.VioUet : Histoire du vieux droit français^ p. 85.
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