LA SOCIÉTÉ DE FRATERNITÉ
clierait plus guère à affecter sur ses deux frères qu'une prééminence honorifique qui convenait, d'ailleurs, à l'aîné de la famille. Quoi de plus naturel et de plus utile pour eux tous que de s'entendre! N'avaient-ils pas les mômes ennemis, au dehors comme au dedans? Lothaire, qui résidait en Ostrasie, à Metz, parut plus jaloux comme empereur de maintenir Tautorité impériale au-dessus du Saint-Siège. En effet, après la mort de Grégoire IV, le nouvel élu, Sergius, ayant voulu se faire introniser à Rome, sans attendre la confirmation impériale, comme le voulaient les conslitutions précédentes, Lothaire envoie en Italie, 844, son fils Louis, accompagné de Tévôque de Metz, Drqgon, qui était fils naturel de Gharlemagne. Celui-ci fait réviser et légaliser l'élection par un concile de 23 évéques,entre dans Rome et y reçoit du pape la couronne d'Italie. Il aurait voulu obtenir de celui-ci que les Romains lui prétassent, comme roi d'Italie, le serment de fidélité qu'ils avaient prêté à son père Tempereur. Le pape s'y refusa, ne voulant pas que Rome fût la capitale du royaume italien, et il se fit pardonner cette résistance en faisant Dro^on primat de la Gaule et de la Germanie ; ce qui donnait à ce personnage une grande autorité dans l'Église du Nord *.
Lothaire et le nouveau primat ne se servirent d'ailleurs Tun et l'autre de cette prééminence (et ce n'est pas le moindre éloge qu'on puisse faire de Lothaire) que pour conjurer les causes de dissentiments qui s'élevaient quelquefois entre ses deux plus