Ânast., ïn SergiOy n
58 CHUTE DE l'empire DE CUÂRLEMAGNE
jeunes frères et conserver entre eux ou approprier aux besoins du temps, ce pacte de fraternité destiné à sauver les restes de la constitution carolingienne. Les conventions qu'ils font particulièrement dans les deux assemblées tenues à Péronne, 849, à Mersen en 881 et qui sont applicables aux trois royaumes, sont remarquables sous ce rapport. Les trois fils de Louis le Débonnaire, devenus des rois égaux en puissance, pares, ne semblent préoccupés, comme tels, selon l'expression des monuments, et ainsi qu'il convient à un frère vis-à-vis d'un frère, sicut frater fratri per rectum facere débet, qu'à veiller en commun avec leurs évoques et leurs fidèles, au dedans et au dehors, ijitra et extra, au bien de l'État, du royaume commun, de la patrie commune, de l'empire civilisé qui est l'héritage de leur famille. Si quelques sujets de discorde menacent de les diviser, c'est sur le vieux territoire carolingien, à Mersen, non loin de Maëstricht, qu'ils les oublient d'abord; là, ils se jurent de ne point se débaucher leurs fidèles, comme juraient autrefois les petitsiils de Clovis à Andlau. Là, ils se garantissent, à eux et à leurs neveux, leurs possessions réciproques, se promettent mutuellement secours contre leurs ennemis communs, les Nordmans, les Sarrasins, les Slaves; de là enfin, ils envoient encore, comme au temps de Charlemagne, des messagers de concorde et de paix dans tout l'empire *.
Ces petits-fils de Charlemagne, même après avoir