RAVAGES DES NORDHANS ET DES SARRASINS
flotte itaUenne composée de vaisseaux de la Toscane, d'Âmalû el de Naples. Quand les Infidèles revinrent en vue d'Oslie, ils trouvèrent cette flotte bien montée pour les recevoir, et ils furent obligés de partir après avoir perdu beaucoup de inonde. Pour mettre Saint- Pierre, le Vatican et le bourg du Vatican â l'abri d'une nouvelle surprise, avec l'assentiment et l'argent de l'empereur Lolhaire, avec les contributions des cou- \ ïents, Léon fit élever une muraille de terre et de bri- \ ques Sacquée de seize tours épaisses qui fut rapidement construite autour de ce qu'on appela depuis la cité Léonine. Des distiques latins inscrits sur les portes rappellent cette construction à la fois utile et glorieuse :
Les princes carolingiens n'étaient pas partout aussi heureux, particulièrement Louis, dans la Francie Orientale ou Teutonie, sur les côtes germaniques de la mer du nord, et Charles dans la Francie Occidentale ou Carolingie, sur les rivages galliques de l'Océan.
Pendant les dernières années de Louis le Débonnaire, sur la frontière du nord, lé roi chrétien Hériold, baptisé en 826, avait été chassé par un de ses parents, Horich. Lothaire lui avait donné pour refuge l'ile de Walcheren, en Frise, d'oii son fils devait encore tinuer ses déprédations ; mais, en 845, dans les de l'Elbe, apparaît une flotte de païens nordmans
i. Maratori, Dissert. XXVI.
62 CHUTE DE l'empire DE CUARLEMAGNE
leur roi Horich, au milieu des Nordalbingiens. En un moment, Hambourg est entouré, isolé des défenseurs qu il aurait pu trouver dans le canton nordalbingien, et son chef, Bernhard, surpris. Le missionnaire archevêque, Ansca ou Anscaire, essaie vainement d'opposer, derrière les murailles, les habitants aux pirates; il est obligé de s'enfuir avec les ornements de son église; les barbares s'emparent de la ville, brûlent la chapelle nouvellement bâtie, et renversent les maisons et les murailles. Telles furent les ruines faites et la terreur répandue par ces forbans, que cet homme courageux, après leur départ, n'osa point revenir dans sa résidence. Repoussé par Tévéque de Brème, il n'eut, pour reposer sa tête, que l'asile à lui offert par une vieille et pauvre veuve, Ikia, qui lui fit bâtir une chapelle où il déposa les livres et les ornements saints ainsi que les reliques qu'il avait sauvés.
Louis le Germanique lui-môme, après avoir apparu sur la frontière danoise, se contenta de redemander à Horich, dans sa diète de Paderborn, les captifs chrétiens, et il n'osa point conserver le poste avancé du christianisme jeté par son père au delà de l'Elbe* Il attendit, jusqu'en 847, la mort de Tévêque de Brème pour transporter, avec saint Ansca, dans cette ville, le siège métropolitain menacé par les pirates. Résidant en Bavière, Louis prit plus de soin de la frontière de l'Est contre les Slaves, mais sans beaucoup plus de succès» Grâce à ses margraves, un jour, quatorze petits chefs viennent du fond de la Bohême recevoir le baptême à Ratisbonne^ dont le