‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 23 sur 174 · RAVAGES DES NORDMANS ET DES SARRASINS · texte numérisé non relu

RAVAGES DES NORDMANS ET DES SARRASINS

ressort s'étend jusque-là. Louis le Germanique luimôme, en 846 et 847, fait une expédition chez les 3Ioraves où commençaient à s'élever les églises de bois d'Ollmutz et de Brunn ; il leur donne pour prince un sien neveu du nom de Rastizlas. Bientôt celui-ci se pose en rebelle et encourage aussi la résistance du duc des Tscheques ou Bohèmes. Louis fait contre eux plusieurs expéditions et détruit les forteresses de bois derrière lesquelles les barbares voulaient, dans un pays montueux, abriter leur indépendance. Mais par deux fois cette cohue de Thuringiens, d'Alamans, de Bavarois, toujours prêts au pillage {ad rapinam properantibus) et ne reconnaissant aucune loi, est détruite sur les frontières.

Les annalistes et les chroniqueurs allemands de ce temps, et leurs historiens après eux ont beaucoup trop ravalé le roi de Gaule, Charles le Chauve, au profit de Louis le Germanique ; et nos historiens même ont suivi cet exemple. Les faits ne répondent pas toujours à cette appréciation. Cliarles était actif et prudent, animé de bonnes intentions, pénétré de la tradition de Charlemagne. Il aimait les conseils et savait choisir de bons conseillers. Il débuta par un acte d'énergie en faisant juger Tancien favori de sa mère, Bernard. Mais sa situation dans la Francie orientale^ ou la Carolingie, ravagée par les Nordmans, était plus difficile que celle du Germanique ; et ses seigneurs, officiers ou grands propriétaires, ducs et comtes, bénéûciers, plus souvent rebelles. Il avait affaire, comme roi, à Touest, avec le duc des Bretons, Nomenoé, et au midi avec son neveu, Pépin II d'Aqui-

&i CHUTE DE l'empire DE CUARLEUAGNE

taine, deux princes qui s'alliaient avec les Nordmans :ndaient plus à être rois que vassaux. Ce sont Icultés qui ont valu à Charles le Cliauve un de faiblesse qu'il ne mérite peut-être pas. 1 II avait failli perdre l'Aquitaine pour s'être ec les Nordmans, En 843, il prête serment de

à son oncle, à condition de joindre au duché aine les comtés de Poitou, de Saintonge et umois; mais il n'est pas pour cela plus docile.

même temps, profilant d'une recrudescence de ■nalilé bretonne dont il sortait, et de l'indépenmême de son Église séparée de celle de l'Emomenoé inflige à Ballon, le 22 novembre, une

et de grandes pertes à Cliarles le Chauve qui

le ramener à l'obéissance. Quel encourageour les Nordmans ! Aussi, après avoir appris le

de Saintes et de Toulouse, en 843, de Boren 848, sans pouvoir l'empêcher, Charles le : est lémoin, pendant presque toute l'année 850, ^ages des pirates dans le bassin de la Seine. a conduite de Lodbrog aux braies velues, Ils nettent, dit un témoin oculaire, « des atrocités listolre n'avait jamais rapportées »; ils prent pillent (8M) Sainl-Vandrille, laissent dans

endroit le sol blanchi des ossements d'une le captifs massacrés et, apparaissant en 853

à Luçon, à Angers, à Blois et à Tours, ils brûus les monastères florissants de la contrée, abili excidio concremaverunt tnonasteria '.

n Bouquet, VII, 56, Histom

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