RAVAGES DES NORDMÂNS ET SARRASINS
A la faveur de ces ravages, il n'est pas étonnant que le duc des Bretons, Nomenoé, allié d'ailleurs du comte Lambert de Nantes, s'empare de Rennes, même du Mans, et, comme un païen, brûle Saint-Florent. La mort de ce cruel ennemi, nostri crudelissimi rebelli Nomenoij dit Charles le Chauve (881), ne lui donne pas plus de répit. Son fils Hérispoë hérite de son audace. Il inflige encore aux Francs de Charles, grâce aux légères lances des siens, supérieures aux lourdes épées des Carolingiens, une lamentable défaite où périt le comte Vivien, dont le corps est dévoré par les bêtes des bois ; et le Carolingien vaincu, par un traité (8ol), accorde à Hérispoë le titre de roi pour se mettre à l'abri des ravages de ses sauvages sujets. Une seule consolation lui vient quand le comte basque Sanche, qui voulait se rendre indépendant aussi de Pépin II, dans la Navarre, fait celui-ci prisonnier et le lai livre. Il ordonne en effet de tonsurer son neveu, l'enferme pour la vie à Saint-Médard de Soissons et peut ainsi se considérer comme roi d'Aquitaine, mais pour y attendre de nouvelles révoltes.
Au milieu de ces désordres, TÉglise souffrait beaucoup. Les évoques voyaient leurs biens envahis, comme au temps de Charles-Martel, par des seigneurs laïcs. Ceux-ci s'emparaient des abbayes ; le comte Vivien, de l'abbaye de Saint-Martin; un Rudolph, oncle du roi Charles, des abbayes de Jumièges et de Saint-Riquier. Il convenait surtout à l'empereur Lolhaire de protéger l'Église chrétienne, dont il avait la garde, contre ces désordres politiques et contre une hérésie qui, à cette époque, en était déjà une
KMTRETIEMS SUR l'hISTOIRE. — IH. 5