‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 32 sur 174 · LE PAPE NICOLAS I · texte numérisé non relu

LE PAPE NICOLAS I

Lolbaire la honte reprochée à Teutberge. Ce n*était point assez. Waldrade avait sur Teutberge l'avantage d'avoir des enfants. Victorieuse dans celte lutte, elle roolait faire légitimer ses fautes et ses enfants pour assurer à ceux-ci la succession paternelle. Rien ne coûtait plus à Lothaire; il offrait le Valais et Genève à son frère Louis, l'empereur, l'Alsace à son oncle Louis de Germanie, pour les gagner à sa cause. Celait beaucoup risquer. Tout allait être, cependant, coosommé.

Le grand évêque et ministre de Charles le Chauve, Hincmar, dans l'intérêt, soit des principes, soit de Charles le Chauve qui pouvait hériter de Lothaire sans enfants, protesta, le premier, contre les iniquités de la procédure qui avait sacrifié Teutberge. II la recueillit dans son diocèse, quand elle s'enfuit de son couvent, et appela l'attention de toute l'Église et de tous les chrétiens sur ce scandale. On voit les grands intérêts politiques et religieux que cachait celte affaire de divorce si simple en apparence. Lothaire II se raidit et crut pouvoir passer outre. Il réunit, à Aix-la-Chapelle, un nouveau concile qui Tautorisa, soit docilité, soit esprit national, à se remarier. Il couronna Waldrade comme légitime reine et il mit le comble à sa victoire en obtenant de se faire admettre, à Sablonnières, dans un nouveau congrès tenu par ses deux frères de la Francie orientale et de la Francie occidentale, pour la tranquillité de la chrétienté. Son bonheur vint se heurter, tout à coup, contre une puissance qu'il avait cru ménager Wz pour se la rendre favorable, mais qui n'avait

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attendu qu'un moment opportun pour rappeler les rois à Tobservation des lois de TÉglise.

Peu de temps après qu'il était intervenu entre les rois de Germanie et de Garolingie, Nicolas I®'' n'avait pas craint d'entrer en lutte avec l'empereur de Constantinople, Michel Bardane, et son favori le patriarche intrus, Photius, installé dans son siège, sur l'ordre de l'empereur, par un synode, aux dépens du patriarche légitime. Nicolas avait prononcé à Rome la déposition de Photius et la réintégration d'Ignace : « Vous avez, écrit-il à l'empereur, entrepris sur l'office du Sacerdoce et quitté le trône des Césars pour monter sur une chaire où vous n'aviez pas le droit de vous asseoir. » C'était, dit la chronique de Reginon, un nouvel Élie. Il avait opposé victorieusement le concile de Latran au concile de Constantinople, qui tenait pour Bardane et Photius, sans crainte du schisme! Comment aurait-il reculé devant un petit roi de Lorraine?

Un intérêt politique poussait peut-être aussi le pape dans cette affaire. Le roi de Provence, Charles, venait de mourir (862). Ses deux frères, Lothaire et Louis, voulaient se partager l'héritage. Louis II surtout se défiait des droits que Lothaire II prétendait conférer aux fils de Waldrade. En 860, deux légats vinrent de Rome à Metz instruire le procès de Lothaire IL Circonvenus, ne trouvant point d'appui dans les évêques des autres royaumes, ils virent un nouveau synode confirmer les résolutions des précédents.

Nicolas n'était pas homme à reculer ; le succès des décrétâtes d'Isidore, qui lui soumettait les souverains

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