‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 36 sur 174 · CHUTE DE L*EMPIRE DE GHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHUTE DE L*EMPIRE DE GHARLEMAGNE

armée régulière qui était plus sérieuse ; il retarde, mais n'arrête point la marche de Charles le Chauve. Une invasion de Louis de Germanie lui-même, dans la Francie occidentale, n'empêche rien. Le royaume de Charles résiste de lui-même à Louis, pour laisser son propre maître se saisir de la couronne impériale. En l'absence de son roi, et lorsque quelques seigneurs allaient encore une fois au devant de l'envahisseur germain, l'archevêque de Reims, Hincmar, comme précédemment, se fait le protecteur du royaume et de la reine Richilde. Dans une adresse écrite aux évêques de Gaule, ses frères, il les exhorte « à rester fidèles à leur serment, à employer toutes les armes spirituelles, le Jeûne, la prière et les larmes, même à convoquer leurs hommes, pour la défense du pays contre un ennemi qui vient de nouveau , comme Judas, arracher les abbayes et les autres biens à leurs possesseurs, pour en gorger.les siens *. » Louis, arrivé jusqu'à Altigny, ne peut en effet que commettre, dans le pays, force meurtres, viols, rapines et sacrilèges {cœdes videlicety homicidia, adulteria^ fornicationeSy rapinaSj sacrilegia et cetera flagitia), ou prodiguer ses faveurs à ses partisans ; et il est obligé de s'en retourner, comme il était venu, à la nouvelle de la mort de sa femme Emma. Son frère, Charles le Chauve, roi de France, arrive donc à Rome le 47 décembre. Il y est solennellement couronné par Jean VIII et proclamé empereur et Auguste^ le jour de Noël, soixante-quinze années après son grand-père

1. Flodoard, Hist, Rem, eccL, ITI, c. xxm : Commonens et exhortans intemeratam fidem régi suo Karolo conservare.

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