CHARLES L£ CHAUVE ET CHARLES LE GROS
Charlemagne, et peu de temps après, à PaVie, roi d'It^e, mais comme pour montrer la vanité même de ce grand souvenir.
La mort de Louis le Gennanique, à Francfort, juillet 876, paraissait mettre de nouveau le comble à !
la fortune de Charles le Chauve. On le voyait, de retour en France, étaler, dans la basilique de Saint- Denys, la dalmatique impériale, qui lui descendait jusqu'aux pieds. Maintenant, la vraie capitale de l'empire carolingien, Aix-la-Chapelle, ne devait-elle pas lui appartenir? toute la Lotharingie ne lui revenaitelle pas comme Tltalie? Qui pourrait empêcher Charles le Chauve de réaliser ce rêve? Le pape conférait déjà à l'archevêque de Sens le titre et les pouvoirs de vicaire de la papauté en Gaule et en Germanie. Les fils de Louis le Germanique, après la mort de leur père, étaient occupés à se partager à l'amiable, devant la diète de Saalfeld, Théritage paternel : à Karloman, appelé roi de Bavière, la Bavière avec la Marche orientale de Carinthie; à Karl, rAllemanie ou la Souabe avec le titre de roi de Souabe et les pays correspondants au delà du haut Rhin, THelvétie ou antique Rhétie ; à Louis, la Franconie, la Thurioge, la Saxe ; division qui répondait assez bien aux différentes populations de TAUemagne. Les deux derniers voulaient aussi se partager la Lorraine, quand Charles le Chauve entra dans ce pays pour faire valoir ses droits impériaux. Le nouvel empereur poussa en effet jusqu'à Aix-la-Chapelle et entra dans Cologne; mais la suite ne répondit point à ce début.
Le pape Jean VIII avait surtout choisi et couronné
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Charles le Chauve pour résister aux ducs de Spolèle, de Frioul, de Bënévent, toujours rebelles, et aux Sarrasins ennemis. Mais Charles le Chauve, qui méditait peut-être une nouvelle tentative contre la Lorraine, et qui avait aussi ses seigneurs souvent rebelles et ses Nordmans sur les bras, n'était pas très disposé à quitter son royaume même dans l'intérêt du pape. Il sent combien précaire est l'autorité royale quand le roi D'est pas là. On le voit aux actes souvent con- Iradicloires de ce roi-empereur accablé de tant d'affaires et de soucis. Tantôt il veut combattre les Nordmans, lanlAt il met un impôt sur ses sujets pour aclif ter leur retraite. 11 accable les grands de faveurs (HHir se les attacher, et il les leur retire quand ils no lui inspirent plus confiance. Il craint à la fois de trop fairo poser son pouvoir et de le trop relâcher AH niilii'u d'une universelle conrusion.
C.'esl dntis ces circonstances que Charles le Chauve, no pouvant décidément refuser au pape Jean VIII de passer en Italie, assemble, comme it en avait souvent rimbitudc, ses fidèles laïques et ecclésiastiques ;i Kiersy-sur-Oise, 877, pour prendre les mesures nécessaires, pendant son absence, à la sécurité de son royaume. Le procès-verbal de cette assemblée, nom de capitulaire de Kiersy, jette E sar l'état de l'empire que l'interlonglemps admise, qu'on a faite de ■agraphes devenus si célèbres. On rcque trois des plus puissants seigneurs )D de Bourgogne, beau-frère da roi, ouant alors le rôle de duc de France,