CHUTE DE L^EMPIRE DE CHARLEMAGNE
Hugues dans la Suisse et la Bourgogne, d'un Boson en Provence, pour démembrer Tempire et se faire rois, il prête même la main à Boson, qui se fait couronner par les évéques, 879. En Allemagne, les ennemis du dehors redoublent; ils ébranlent les frontières de la chrétienté ou ils pénètrent dans son sein. Le pape écrit qu'il fera empereur n'importe quel prince, pourvu qu'il vienne en Italie. Les quatre épigones, les deux rois de France, Louis III et Carloman, et les deux rois de la Germanie, Ijouis et Karl, frappés de cette dissolution, après avoir tenté de se quereller, sentent le besoin de faire appel encore une fois à ces vieilles conventions fraternelles (conventns fratemitalis) qui avaient été si souvent illusoires. Le vieil Hincmar, qui voyait tout crouler pendant qu'il racontait encore les grandeurs et écrivait la théorie de l'empire chrétien pour ses derniers héritiers, intervient une dernière fois. Grâce à lui, une réunion a lieu à Gondreville, un château de la Lorraine (880). On s'y accorde en laissant la Lorraine aux fils de Louis le Germanique; on y délibère sur les moyens à prendre pour réprimer les usurpations et repousser les païens. Une expédition tentée en commun contre le roi usurpateur de Provence, Boson, ne réussit point.
Seul, le roi du nord de la France, Louis III, fils de Louis le Bègue, ayant rassemblé les seigneurs le plus menacés par les pirates nordmans de l'Escaut, surprend ceux-ci, comme ils revenaient chargés de butin, près de Saucourt-en-Vimeux (3 août 881), et leur fait essuyer une sanglante défaite dont la gloire éclaire une dernière fois le nom des Francs à son déchn.