AU X® SIÈCLE
royaumes, qui ne sont eux-mêmes que les ombres J
d'un empire tout idéal? 11 y a le morcellement infini de la terre et de la souveraineté, partagées entre une aristocratie demi laïque, demi ecclésiastique, devenue maîtresse de tout, constituée pour Toppression du manant dans les villes dépeuplées et en ruines et du colon dans les campagnes. En effet, chaque province s'est séparée du tout, sous Tim* pulsion de son plus grand propriétaire, possesseur d'un bénéfice, ou de l'ancien officier de Tempire chargé de la gouverner; et, au-dessous de lui bientôt, sous un chef qui Timite, chaque ville, chaque plateau devient un petit Ëlat souverain. Partout, aux flancs des grandes villes, dans la plaine, au sommet des rochers, dans les gorges de la montagne, on voit se dresser, étendant son ombre sur les vieilles villes ou sur les cabanes éparses ou ramassées, le donjon féo^ dal. C'est là qu'habite l'homme qui, de par son épée, s'est constitué dans ce coin de terre Thérilier de Charlemagne. Il n'a plus guère pour rival que l'homme d'Église, l'évêque dans sa ville, et Tabbé dans le monastère qu'il a bâti au fond de la sombre forêt, et qui ont pris leur part de la dépouille. Dans leurs rapports avec les vilains et les serfs qu'ils protègent et qui travaillent pour les nourrir, le vassal puissant et souvent Fhomme d'Ëglise sont maîtres et seigneurs; dans leurs rapports avec le roi suzerain et avec les possesseurs des autres citadelles qui s'élè* vent au loin parmi les collines et les montagnes, ils ont des droits et des obligations. Rapports du maître au serf, fondés sur le despotisme, rapports de
KNTRETIEHS SUR L*UISTOIRE. — iri. 8