‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 51 sur 174 · Eudes le Robertinien et la France · texte numérisé non relu

Eudes le Robertinien et la France

— Dans la vieille Gaule, un puissant seigneur du bassin de la Seine s'était signalé à la défense de Paris en 887 contre les Nordmans, déjà maîtres de Rouen. C'était Eudes, le fils aîné de ce Robert le Fort, d'origine neustrienne probablement, chargé par Charles le Chauve de la (^^fense du pays et mort glorieusement à Brissarthe en 866. Il avait hérité dé la puissance de celui-ci, c'est-à-dire des comtés de Paris, de Blois, d'Orléans, des marquisats de Touraine et d'Anjou, et d'alleux nombreux en Champagne et même en Poitou. Effrayés des progrès des Nordmans en Neustrie, les seigneurs du Nord voyaient en lui le vrai défenseur de la contrée. Il est vrai, l'archevêque de Reims, Foulques, leur rappelait les droits d'un fils de Louis le Bègue; mais c'était un enfant de cinq ans. L'évéque métropolitain de Sens, Gautier, puissant personnage ecclésiastique aussi, gagna à Eudes le suffrage des grands et, à Compiègne, couronna solennellement celui-ci roi de ce qu'un chroniqueur allemand appelait alors la Francie latine et un italien la Francie romaine *.

La possession de Paris, regardé comme le boulevard de la Gaule contre les pirates du Nord, la situation des honneurs et des fiefs de la famille robertinienne dans la contrée de la France la plus belle et la plus riche par ses cités et ses campagnes, au cœur môme de la nation, entre la Seine et la Loire, semblait en effet destiner le nouveau roi à être le chef d'un peuple et d'un pays où déjà la

1. Bruno, Bell, Sax., 36, dans Pertz, VII, 342 : Francia latina, occidenialis. Luitprand, I, i4, 16 : Franciam quam romanam dicunt.

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