BÉRENGER 1^" ET GUIDO, ROIS ET EMPEREURS
des prétentioDs à une dominalion spirituelle plus étendue que les autres évoques et qui possédaient an territoire considérable au centre de la péninsule, ne tenaient pas beaucoup à se donner un maître ou le préféraient au moins plus éloigné; Farchevéque de Milan, rival de Rome, avec ses suffragants, ne pouvait avoir les mêmes visées que le pape, s'il s'agissait de donner un roi, une capitale à Fltalie. C'est la cause principale des fréquents changements de rois qui s'élèvent et tombent alors en Italie^ et de Tinstabilité des monarchies qui y sont essayées.
L'un des plus puissants seigneurs de l'Italie, Lorrain, fils d'un certain Evrard, époux d'une fllle de Louis le Débonnaire, et devenu, après son père, par la faveur de Lothaire I®', marquis ou duc de Frioul, c'est-à-dire de la frontière du nord-est, ambitionne le premier la couronne italienne. Le puissant archevêque de Milan lui pose sur la tête, à Pavie, la couronne de fer des rois lombards, en présence d'un grand nombre de seigneurs et d'évêques de la contrée. Aus- ] sitôt, le pape Etienne V, successeur de Jean VIII, oppose à celui-cTuiTaïïire carolingien indirect, Guido, duc de Spolète, un Franc, Lorrain aussi, qui avait été établi là. également par l'empereur Lothaire. Celui-ci visait encore plus loin. Appelé en France par Farchevéque de Reims, Foulques, contre le roi Eudes, soutenu par le pape et par Boson, il pénétra un instant jusqu'en Lorraine, où il fut couronné à Langres par quelques prélats et seigneurs de Champagne et de Bourgogne. Mais, bientôt, il fut forcé par le roi Eudes de s'en retourner en Italie. Désappointé, cet ambi-
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lieux cherche à se dédommager dans ce pays, où le suivirent quelques seigneurs français et bourguignons. Il rencontre son rival, Bérenger I*', avec une armée supérieure sur les bords de la Trebbia, le bat, et, tandis que le vaincu s'enfuit en Germanie, U se fait couronner aussi à Pavie.
Heureux de ce triomphe et croyant, par un aveuglement fatal, lui donner plus de puissance, le pape Etienne V alors s'avise de couronner Guido, à Rome, empereur. Titre plein de périls, quand il n'était pas autorisé par la grandeur, et qu'un roi éphémère eût dû laisser dans l'oubli. Infatué de son titre, conQant dans le prestige du pape Etienne V, Guido prétendait renouveler les miracles de l'empire franc. Il portait gravé sur son sceau impérial ces mots : Benovatio regni francorum, ambition qu'il devait payer cher dix ans plus tard. Ce n'était qu'un hochet de plus que le pape avait offert aux rivalités ridicules de ces nouveaux épigones indirects et bâtards des Carolingiens, pour les mettre aux prises et les faire échouer même dans leurs royaumes.
8, Tragicomédie de l'empire jouée par Lambert, fils de Guido, et Arnulf, à Rome (894-898). — Un annaliste allemand parle avec un dédain assez justifié de tous ces roitelets (regult). Il en excepte seulement le roi de Germanie, Arnulf. Celui-ci, au commencement, parut en effet jouer entre tous une sorte de rôle prépondérant. Le roi Eudes, soit pour s'entendre avec lui contre les Nordmans, soit peutêtre dans l'intérêt de leur commune usurpation , avait été lui rendre visite sur le Rhin, en juillet 888,