LAMBERT ET ARNULF, EMPEREURS
Bourgogne. Un comte italien courageux, dans Ivrée, lui barre le passage". Réduit à se frayer un chemin à travers les rochers, où il perdit presque tous ses chevaux, Arnulf atteint, par la vallée d'Aoste et le Saint- Bernard, le célèbre monastère de Saint-Maurice, et regagne la Souabe avec une armée épuisée qui ne peut exercer en Bourgogne que des brigandages.
De retour en Allemagne, Arnulf prête le concours de sa volonté et de son bras aux décisions et décrets du synode de Tribur. Ils étend à la Germanie la législation ecclésiastique des synodes de la vieille Gaule pour maintenir la discipline dans le clergé, et déclare l'Église de Rome la mère de la dignité et la maîtresse de l'ordre ecclésiastique, « dignitatis mater et magistra ecclesiœ rationis. » Il se proclame luimême fils et défenseur de TËglise catholique, ecclesicd catholicœ filius et defensor. Le but de cette politique toute cléricale est d'abord de ménager dans ses États une part au fils préféré d'une maîtresse, qu'il avait longtemps fait considérer comme son hériiier, mais qui était maintenant remplacé par un fils légitime, Louis. Ce jeune homme, assez gâté et turbulent, tenait son nom de Swentibold, du chef morave qui l'avait eu sur les fonts de baptême, et il paraissait avoir quelque chose de son sauvage parrain. Les grands et évéques du pays, jusque-là résistants, consentent enfin à le prendre pour roi, en mai 895. Peut-être Arnulf voulait-il fixer le sort d'un territoire qui, entre la France et l'Allemagne, n'était ni à Tune ni «à l'autre? Witikind, l'écrivain saxon, mal disposé pour elle, disait de cette population mixte et