‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 67 sur 174 · CONRAD 1*^^ ROI D'ALLEMAGNE 14S · texte numérisé non relu

CONRAD 1*^^ ROI D'ALLEMAGNE 14S

DiFisés en petits escadrons de cavalerie qui savaient se disperser, se réunir au besoin, surprendre l'ennemi ou l'éviter, habiles à lancer leurs flèches même en fnyant, terribles dans leurs victoires, ces envaliisseurs égorgeaient les femmes qu'ils ne pouvaient emporter par les cheveux au dos de leurs coursiers, on brûlaient tout ce qu'ils ne pouvaient prendre avec eux.

En 907, ces barbares remontent le Danube, traversent la Marche orientale du Raab à l'Enns et menacent d'entrer en Bavière. Le margrave Luitpold, chef de ce pays, rassemble une armée qui comptait trois Éséques, des comtes plus nombreux encore, pour les arrêter sur les bords de l'Enns, II succombe avec les trois prélats, presque toute son armée, et laisse son duché en proie au fer et au feu des barbares. En 908, appelés par une peuplade slave entre la Saale et l'Elbe, les Hongrois se précipitent encore par la Bohênoe et traversent la Saale. Le margrave de Thuringe, Burkhard, veut les arrêter. Il a le même sort que le Bavarois Luitpold. Ces sauvages, en 909, arrivent jusqu'en Allemanie ety font un grand butin. En 910, ils voulaient aller jusque dans la vallée du Main et relancer là le roi de Germanie. Louis l'Enfant, poussé à bout, fait un appel aux Francs, aux Souabes et aux Bavarois, et va affronter les Hongrois au milieu d'mi grand nombre des siens près du Lech; il y voit périr l'un des plus braves de l'arnuip. le Saiipn Gebhard.

Chaque peuple allemand avait élé vi et comme chitié de son indépendanc

146 l'évolution féodale au x« siècle

tremblait. Les frontières que Charlemagne lui avait données au sud-est étaient déjà perdues et restaient aux barbares. Couverts par la Bohême et par les Alpes carinthiennes, les Hongrois semblèrent s'arrêter un instant au fond de la fertile et humide plaine qu'arrose le moyen Danube, et commencèrent à y bâtir des huttes de roseau. C'est au milieu de ces misères, 9il, Tannée du traité de Saint-Clair-sur-Epte, que Louis TEnfant meurt. L'archevêque de Cologne, Hanno, tenta de sauver la royauté germanique en la faisant conférer par les grands, à défaut d'un Carolingien, à un seigneur de cette race franque, qui paraissait dépositaire et gardienne de la tradition monarchique, Conrad !«', de la province qu'on commençait alors à appeler la Franconie.

Ce prince semblait avoir le sentiment de ce que la tradition et les circonstances exigeaient de lui et assez d'énergie pour l'entreprendre. Mais il se heurta, sans disposer d'une assez grande puissance terrienne, contre toutes les difficultés qui furent celles de la monarchie allemande pendant tout le moyen âge, et il ne fut pas beaucoup plus puissant que Louis TEnfant. Laissant Renier-Renard indépendant en Lorraine, sous la protection de Charles le Simple, il ne peut défendre les terres de l'archevêque de Cologne contre le puissant duc de Saxe, Henri, qui avait sous sa main presque tout le nord de l'Allemagne, ni protéger l'évêque de Constance et l'abbé de Saint-Gall contre les usurpations des deux comtes de Souabe. Il n'est pas jusiju'au frère du roi, Eberhard, qui ne se révolte un instant contre lui pour se faire céder le duché

Page 1