‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 68 sur 174 · CONRAD I^ EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CONRAD I^ EN ALLEMAGNE

de Franconie. Le duc de Bavière, Amulf le Mauvais, fait bien pis : pour échapper à la suprématie de son roi, il rappelle les Hongrois à son aide. Conrad I*' rassemble un concile d'évéques à Altenheim et y fait condamner Arnulf le Mauvais et les deux comtes de Souabe pour leurs forfaitures. Soutenu des Hongrois, le duc de Bavière brave Conrad dans Ratisbonne, tandis que ses alliés, en 916, vont brûler Brème et, en 917, poussent leurs déprédations et les incendies qu'ils allument jusqu'à Bâle et de là jusqu'en Bour« gogne et en France,

Avec raison, Tévéque de Constance, Salomon, écrit à celui de Toul : « Tout est aux prises, Tévêque, le comte, le vassal, les frères contre les frères, les parents contre les parents, les citoyens dans la même lille. Les grands, qui devraient assurer la paix, donnent l'exemple de la lutte; la loi est foulée aux pieds et le bas peuple murmure et se. déchaîne. »

Les vassaux des rois, au milieu des mines de l'empire, appelaient les barbares envahisseurs à leur aide contre leurs souverains ; ne valait-il peut-être pas mieux qu'ils se fissent indépendants pour ne plus songer qu'à défendre leur territoire et leurs sujets, ou qu'ils choisissent, à l'imitation de ce qui avait été essayé une première fois en France, avec Eudes, un seigneur terrien de grande puissance, capable de constituer réellenaent une monarchie? C'est ce que comprit Conrad !«' lorsqu'en mourant (919) il conseilla en effet aux princes allemands de faire roi Henri de Saxe, fondateur de la première dynastie allemande, la dynastie saxonne ou ottonienne, qui eut

la prétention de relever Tempire de Charlemagne.

3. L'empereur Louis l'Aveugle et le pape Jean X. — Que dire des dynasties italiennes à la même époque? Après la mort du fantôme d'empereur Lambert (900), Bérenger h^, resté seul roi, voit le pape son ennemi juré, Jean IX, s'entendre avec le plus puissant vassal de ritalie du centre, Adalbert, marquis de Toscane, pour proposer au fils de Boson et d'Hermengarde, roi de la Bourgogne cisjurane ou de Provence, Louis, le vain et périlleux titre d'empereur. Encore une victime 1

Ce pauvre prince avait récemment été obligé de céder à Rodolphe I«', de la Bourgogne transjurane, la Savoie et la région entre le Jura et la Saône (Franche- Comté). Le voici qui passe les Alpes. Proclamé roi à Pavie, il est bientôt couronné empereur à Rome par Jean IX, pendant que Bérenger fuit en Allemagne. Mais son ingratitude pour Adalbert, qu'il trouvait trop puissant, le perd. Le marquis de Toscane, véritable faiseur de rois, comme les ducs de France, rappelle Bérenger I". Berthe, sa seconde femme, une fille de la fameuse Waldrade de Lorraine, plus dangereuse encore, multiplie la défection chez les partisans de l'empereur-roi par des moyens qui allaient passer en fréquent usage dans sa famille et dans les affaires italiennes. Louis l'empereur, troisième du nom, jure de ne plus revenir dans la péninsule. Il viole bientôt son serment, obtient d'abord quelques succès, puis se laisse surprendre dans Vérone. Son adversaire lui crève les yeux pour le punir (908) ; et Louis III, ne gardant plus de l'empire que Tépithète d'Aveugle, retourne en Provence. On se contentait en France

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