LEMPEREDR LOUIS L AVEUGLE ET LE PAPE JEAN X
d'emprisonner les rois. En Italie, on crève les yeux à l'emperenr.
Instrnil par l'expérience, Bérenger l" abandonne à Adalbert le centre de l'Ilalie, à un marquis d'Ivrée la région piémontaise au pied des Alpes, et au pape dans Rome, aux évéques dans les villes, à des seigneurs dilears, c'est-à-dire à la féodalité italienne, le reste de la péninsule, pour vivre au moins lui, sinon pour régner en paix en Lombardie.
Le saint-siège, un instant relevé pendant la décadence de l'empire par Nicolas l", gagne encore moins àces lattes de monarques fantômes. Livrée aux factions qui se réclament de l'un on de l'autre, Rome, ainsi que quelques conciles en témoignent, n'est plus, au milieu du désordre et des ruines, qu'une sentine de fomiption et de barbarie ; toutes les passions s'y donnent carrière ; c'est, selon un contemporain, « un cimelière abandonné, visité par des hyènes ». Elle tombe ilans la dépendance féodale de quelques petits barons M chefs de brigands, qui se cantonnent dans les mo- Dumeats en ruine de la ville ou dans les châteaux ™sins; et l'on devine aisément ce que pent devenir le saln[siègelui-méme,exposé,aumilieu des décombres, ramme un simple évêché de province, aux entreprises des plus hardis ou des plus corrompus ! Il était déjà soumis au servage d'un comte romain, ihéop''"""'" foBsu! et peut-être sénateur de Rome, quand 1 j 51 héritière de celui-ci, Théodora, à son tôt I irice et patricienne, mit sur le saint-siège : j ïêqne de Raveone, peut-être son amant, qui jnoindeJeMX(914).
ISO l'évolution féodale au X* SIÈCLE
En Italie seulement, le pape Jean X paraît un instant relever la papauté et la royauté italienne en combattant avec avantage les Sarrasins ; mais ce n'est pas pour longtemps. Créature de la première Théodora, le pape Jean X (914) ne manquait ni d'intelligence ni d'énergie. Plus hardis que jamais, les Sarrasins venaient de prendre le splendide monastère de Farfa et de détruire celui de Subiaco dans la Sabine. Rome n'avait plus guère que ses murailles pour la défendre. Jean X ligue contre les Sarrasins les ducs de Bénévent, de Naples, les petites répu-l bliques grecques et même l'empereur d'Orient; puis, il offre la couronne impériale au roi national survivant, Bérenger l^. Celui-ci est reçu à Rome aved enthousiasme par le clergé, le sénat, le peuple, les milices, les écoliers, et il est couronné en décembre 918. Il répond à l'attente du pape Jean X. Coupés de la mer, attaqués de tous côtés dans leur camp retranché du Gariglianô, les Sarrasins sont jetés dans les Apennins, poursuivis et tués presque jusqu'au dernier (916). Un triomphe est célébré à Rome, comme au temps de l'ancienne république. Mais ce^ éclat est bien éphémère. l
4. Dégradation de V empire^ des rois, de la papauté! — Bérenger et Hugues. — Théodora et Marozie en Italie. — Empereur et victorieux, triomphateur de$ Sarrasins, Bérenger I^^ ne peut, une fois le dangeiê passé, étendre sa domination sur toute l'Italie, malgré la mort d'Adalbert, le puissant marquis de Toscane- Là non plus on ne veut pas de monarchie puissante. Le successeur d'Adalbert, un Guido aussi, non moins
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oublieux que son père, et sa mère Berthe, avec le marquis d'Ivrée, un autre Adalbert et sa femme Hermengarde, fille de Berthe, appellent encore contre Bérenger 1*% déjà si souvent éprouvé, un nouveau roi d'au delà des Alpes, Rodolphe II, de la Bourgogne transjurane. Bérenger I®' est assiégé dans Vérone, tandis que le Transjuranien est couronné à Pavie. Réduit aux abois, celui qui avait gagné et perdu déjà trois fois son royaume aime mieux le ruiner que de le laisser encore à un autre. Comme Arnulf en Allemagne, il ouvre les défilés des Alpes aux Hongrois (924). La ville de Pavie est mise à feu et à sang, tout le nord de Tltalie pris à rançon. Les Barbares passent les Alpes, le Rhône, malgi'é les rois de Bourgogne, ruinent Nîmes et poussent jusqu'à Toulouse. Au milieu de ces ruines, Bérenger I*' n'excite plus que rhorreur. Un traître, comblé de ses bienfaits, déjà pardonné après une première tentative d'assassinat^ le tue d'un coup de poignard (924).
Rodolphe II, le nouveau venu d'au delà des monts, se croyait sûr d'ajouter la couronne d'Italie à celle de la Bourgogne transjurane. Mais, à la mort du marquis d'Ivrée, Hermengarde offre aussi sa main à un autre prince ultramontain, à son propre frère utérin, fils du premier mari de sa mère Berthe, à Hugues, comte de Vienne et duc de Provence, conseiller de Louis l'Aveugle. Les femmes font la destinée des États ; Hermengarde veut régner. Elle parvient à détacher de Rodolphe II tous ses vassaux, par les moyens dont sa mère avait usés autrefois contre Louis l'Aveugle, et elle le réduit à venir implorer sa
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grâce à ses pieds, au prix de l'Italie qu'il abandonne à Hugues (926), pour se réserver son royaume transjuranien.
Cet Hugues serait-il plus heureux que ses prédécesseurs? Après la mort de Louis T Aveugle (928), il régnait en Provence et en Lombardie . Réunirait-il encore Rome, avec le titre d'empereur, aux marquisats d'Ivrée et de Toscane, tenus par ses parents ou par ses alliés? Rome, d'ecclésiastique et monacale qu'elle avait été au vie et au vu® siècle, devenue déjà toute féodale et I seigneuriale au x*», voyait alors ses anciens monuments se transformer en palais grossiers et en forteresses et les hommes d'armes remplacer les moines. De barbares châtelaines, parées des titres de sénatrices et patriciennes, mettaient leurs créatures, leurs maris ou leurs fils sur le trône ou dans la chaire de Saint- Pierre. Elles disposaient môme de la couronne impériale! Une des filles de la Théodora qui avait poussé Jean X au saint siège, Marozie, épouse du duc de Spolèle, Albéric, disputait maintenant le pouvoir à Jean X. ; Celui-ci fait tuer Albéric au milieu d'une émeute. Mais ' Marozie s'empare du môle d'Adrien, au débouché du pont qui mène au Champ-de-Mars. Rome était divisée entre deux partis armés l'un contre l'autre ; on se bat des deux rives. Les deux factions s'adressent au nouveau roi dltalie et de Provence.
Cet Hugues surpassait ces femmes hardies en ambition et en perfidie. Il accepte l'alliance de la veuve Marozie et lui fait épouser Guido, le nouveau duc de Toscane. Jean X veut résister dans Rome; il est f pris, jeté en prison et empoisonné. Marozie dispose •