LES SEIGNEURS SOUVERAINS
lent d'abord de recueillir les débris de Tempire de Charlemagne sont encore plus impuissantes à le faire. 6. Les seigneurs souverains. — Au milieu de ces partages, de ces avènements et de ces chutes, de ces rivalités ou de ces luttes que nous avons racontés et où des rois d*un jour embauchent et débauchent perpétuellement leurs serviteurs, ces vassaux, ces fidèles qui prêtent autant de fois serment de fidélité que le pouvoir change de mains, ces grands, optimales, ces seigneurs, seniores, qui étendent les avantages de leurs bénéfices ou immunités au ressort de leur administration, ou les droits de leur administration à leurs biens propres, ne songent qu*à leurs intérêts; propriis utilitatibus consulentes, dit un contemporain, ils ne sont plus fidèles qu'à eux-mêmes. Au milieu du désordre général, ils rassemblent le plus d'hommes qu'ils peuvent, même des bandes de pillards, souvent des ennemis de l'empire, des Nordmans, des Hongrois, des Sarrasins, pour défendre ou même agrandir leurs domaines et leur pouvoir. Retournant à l'état primitif, ils pillent autour d'eux, s'enrichissent, grandissent par la terreur qu'ils inspirent. Eux, les délégués, les feudataires, les immunitaires d'un pouvoir supérieur! non pas. Ils sont souverains dans leurs propriétés, sur leurs hommes, sur leurs esclaves ; ils courbent les faibles sur leurs métiers dans les villes ou sur leurs sillons dans les campagnes, comme vilains, terrassiers ou serfs. Ils les défendent sans doute comme leurs biens propres, mais surtout pour jouir des fruits de leur labeur. Plus Je pouvoir central, impérial ou royal! Plus d'État,