‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 77 sur 174 · ENTRETIENS SUR L*HI8T0IRE. — III · texte numérisé non relu

ENTRETIENS SUR L*HI8T0IRE. — III

i78 L^ÉTOLCnOX FÉODALE AU X' SIÈCLE

de poaToîr public! LmdîTidaalisme reprend tousses droits. Il ny a plus que des pooToirs locaox. La puissance politiqae adhère èUroitement au sol. Elle est seigneariale.

Comment les noaTeanx rois auraient-ils empêché cette dissolution? Les missi dominid qu'ils envoient, « tous amis des présents, ne rechercbent plus, dit Pascal Radbert, que les gains illicites. » Entre eux d'ailleurs, ces grands s'associent, font des alliances, des pactes, fœdera^ pactOj pour piller les biens des rois et ceux des évéques et des abbés, leurs rivaux, à moins que ceux-ci ne soient assez puissants pour se défendre et les imiter. « Au lieu d'être les vent geurs du crime, dit un contemporain, les grands, des évéques même, qui savent à peine lire et ne! comprennent rien au texte sacré, acquittent les cou-, pables, persécutent les bons, se refont hommes de guerre, sous prétexte de se défendre contre les barbares, et deviennent souvent les complices des bri* gands et des meurtriers. > Charles le Chauve parlait déjà de ces infidèles unis pour la dévastation du royaume, adunarerunt ad devastationem regni. Dans ses capitulaires, infidèk et brigand, c'est tout un. Il en condamne un qui latro est et infidelis est noster et Francorum. Cet empereur a beau multiplier ses appels désespérés à la fidélité et à la concorde^ pro munimine Ecclesiœ, pro pace et quiète regniy contre les malfaiteurs et les infidèles, maie f adores aut infidèles, de son royaume. La prophétie d'Agobard s'accomplit : « La société est devenue la proie des barbares ou d'une foule de petits tyrans. »

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