LA HIÉRARCHIE
Le pape tout le premier est vassal de Tempereur, qaand il ne le domine pas. On Ta va en Italie. Plus lard, Otton I*"" et Henri le Saint interviendront, en qualité de suzerains, pour ôter le patrimoine de saint j
Pierre à des titulaires indignes ou indociles ; mais ^ j
Sylvestre II, à la fin du x« siècle, dominera l'empire. £ê?primats, les archevêques sont, dans la Germanie et dans la Gaule, vassaux des Carolingiens, des Ottons ou des Capétiens. Mais ils contribuent à les élire et ils les couronnent. Ils se contrôlent et s'équi- \ librent souvent. Pas de royaume, pour l'Espagne, en : Aslurie, Galice, Léon ou Castille, pour l'Angleterre, à Canlorbéry et à York, où l'évoque ne couronne le roi. Plus d'un duc carolingien ou d'un comte souverain compte des évoques et des abbés parmi ses fidèles ; en Saxe, en Bavière, dans le Languedoc, quoique souvent l'élection soit la règle générale, ils les nomment. Gomme les ducs et les comtes d'ailleurs, les prélats, les membres du haut clergé, composé de profriétaires nobles, ont des vassaux et arrière-vassaux, des fieffés, des tenanciers et des serfs.
Mm, de môme que nous avons trouvé, au dernier rang de la hiérarchie féodale, des hommes Ubres étroitement dépendants du seigneur et des esclaves soumis à un maître, nous trouvons également des églises étroitement sujettes et des églises presque serves. On voit plus d'un seigneur, pour trouver chez hi ses aises religieuses, assurer le confort et l'indéjendance à sa dévotion, bâtir une église sur ses terres ; il commence par y placer des reliques ; il choisit le >ûoïï\s illettré de ses serfs et va prier l'évêque le plus
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voisin de le consacrer. Dès lors le seigneur a son église, il a son prêtre : Tun et l'autre sont sa propriété. Sous le surplis blanc de son père spirituel, il n'en reconnaît pas moins son ancien esclave et s'oublie parfois à le traiter en conséquence. Un capitulaire de Charles le Chauve (804) est déjà dirigé contre ceux qui osent fouetter un prêtre et le chasser de son église, sans la permission de Tévêque. Qui pourrait dire toutes les humiliations, toutes les ignominies de ces pauvres églises dégradées! Leur maître avare les laisse parfois sans luminaire, par motif d'économie. Il regarde comme siennes les offrandes qu'y dépose la piété populaire. Il exige du prêtre et la loi lui accorde, en effet, comme plus tard à nos seigneurs de paroisse, de nombreux droits honorifiques. « Que les évéques, dit Charlemagne, veillent à ce que les prêtres rendent de justes honneurs à leurs seigneurs pour leurs églises. » D'autres églises, indépendantes à l'origine, des monastères mêmes, tombent au-dessous des évéques et des abbés dans une dépendance analogue à celle des libres tenanciers. Elles rendent à leurs seigneurs les devoirs que les évéques rendent au roi : devoirs d'hommage, d'ost, de cour, sans compter une infinité de prestations et de redevances ; elles s'en trouvent parfois réduites à un état voisin de la misère. Ainsi l'Église elle-même s'est inféodée : elle a revêtu la livrée du siècle. Tout prend d'ailleurs à cette époque la forme féodale. Les services domestiques auprès du grand seigneur comme du petit, les offices de chambellan, de maréchal, de dapifer^ de bouteiller, de bailli, de vidame, sont donnés en fiefs