LA FÉODALITÉ PARTOUT
Malgré la lutte contre les Arabes, maîtres de TEspagne, les comtes et seigneurs redoutent dans ces pays la trop grande puissance des rois. Si ceux-ci deviennent héréditaires, ils forcent Alphonse III à abdiquer et à distribuer entre ses fils les royaumes de Galice, d'Asturie et de Castille. Dans ces royaumes ainsi démembrés, les grands vassaux jouissent d'une indépendance rare et donnent bien des soucis à leurs petits rois. Plusieurs rois sont assassinés ou empoisonnés. Les barons y usurpent les sièges ecclésiastiques et y deviennent évéques, par exemple à Compostelle, comme le constate la grande chronique de cet évêché par Tarchevéque Diego Gelmerez. Il (andra attendre jusqu'au commencement du xi* siècle pr voir cette partie de l'Espagne, après bien des vicissitudes, des invasions, des partages de ces petits royaumes, revenir à l'unité et à la puissance, par la réunion des royaumes de Castille et de Léon, sous Alphonse V.
i Féodalité mahométane. — Dans le monde mahomélan, deux puissantes dynasties de souverains, contemporaines de Charlemagne, celle des califes Ommiades à Cordoue, en Espagne, celle des Abbas- ^ides à Bagdad , avaient aussi fondé de grands empires qui s'étendaient, de deux points extrêmes Mérents, sur les côtes septentrionales de l'Afrique. Aux'' siècle, leur puissance tombe aussi dans une fesolution semblable à celle de l'empire carolingien.
£n Espagne, après la mort d'Abdel Rahman III, (luatrième successeur du fondateur de la dynastie des Ommiades à Cordoue, mort dégoûté de la puissance
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(en 961), ses deux fils Hescham II et Soliman se dispatent son héritage, et, poar se faire des partisans, promettent l'hérédité de leur fonction aux gouverneurs ou walis des différentes provinces de TËspagne arabe. Ceux-ci acceptent et en profitent pour démem* brer, après eux, ce Califat en principautés à peu près indépendantes. Les principales ont leur siège à Sarragosse, à Séville, à Grenade, à Badajoz^ à Tolède. Aussi, au siècle suivant, quand les royaumes chrétiens du nord commenceront à se fondre les uns dans les autres, ou à s'allier entre eux pour commencer la croisade contre le mahométisme, la reconquête du territoire espagnol par les rois chrétiens, sur les Arabes, commencera sérieusement.
Le même sort atteint les successeurs d'Aroun-al- Raschild lorsqu'ils sont réduits peu à peu à l'impuissance, au fond du palais de Bagdad, par les chefs de la garde turque qu'ils y avaient appelé pour se soutenir. Déjà, sous Alamin (813) et Almamoun (836), on trouve des princes de la famille, véritables vice-rois, dans les contrées éloignées de l'Iran, du Tabarestan, à Caboul, en Géorgie, dans le Caucase. Plus tard de simples gouverneurs, dans des pays plus voisins, fondent à leur tour des dynasties ; dans le Khorasan^ celle des Tahérites remplacée bientôt par celle des Soffarides, celle des Thoulounides en Syrie. L'Afrique enfin leur échappe : d'abord l'extrémité occidentale, à Fez, à Tanger et à Ceuta, sous les Édrissites; puis, de proche en proche, Cairoan et Tunis sous les fils d'Aglab, les Aglabites, dont les pirates conquièrent la Sicile et la Sardaigne; enfin l'Egypte, sous la plus puissante de
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