POLITIQUE PERSONNELLE
raine était vacant. Otton le confère au plus paissant propriétaire des rives du Rhin, Conrad, dit le Rouge; et il lai donne en même temps sa fille Luitgarde, sœur de Ludolf, pour rattacher la rive gauche du Rhin à son royaume. Enfin, après la mort de Berllîold, duc de Bavière, en 948, Otton pardonne tout à fait à son frère Henri, qui avait épousé Judith, fille du défunt duc, et il l'investit de ce beau et grand duché. Ainsi tous les duchés se trouvent entre les mains (l'Olton. Il exerce lui-même la puissance ducale dans la Franconie et dans la Saxe, les trois autres duchés appartiennent à son gendre, à son fils, à son frère. Olton affirme une fois de plus que la royauté est loute personnelle et que la couronne est une propriété, un bien de famille, non un pouvoir public ni un bien national, non une institution comme celle des Carolingiens, mais une dynastie.
2. L'Allemagne en Europe. — Guerres contre les Slaves, les Danois^ les Hongrois. — Interventions en Mue et en Italie. — Mariage avec Adelhaïde. — Otton, vers Tan 945, était en Europe le roi le plus puissant de l'époque. Ce n'est pas d'aujourd'hui que la situation de l'Allemagne au centre de l'Europe l'a tantôt exposée aux attaques des peuples qui l'enlourent, tantôt sollicitée d'envahir et de dominer les contrées qui l'avoisinent. Olton est le premier qui ait fait, pour l'Allemagne, l'expérience dangereuse de sa puissance. Unie et pacifiée, celle-ci avait, à l'ouest, la France, à l'est et au nord, des populations sauvages et demi-païennes : Hongrois, Bohèmes, Slaves, Danois; et, au midi, l'Italie, divisée par des factions turbu-
278 RESTAURATION DE l'EMPIRE EN ALLEMAGNE
lentes que le sort du saint-siège rendait encore plus fameuses et plus lamentables.
Le roi Olton laisse à peu près à ses margraves, Gero et Hermann Billung, le rude et obscur labeur de soumettre les peuples de la frontière de Test et du nord, où était tombée toute l'organisation des Marches carolingiennes. Au delà de l'Elbe, un prince des Slaves, traître aux siens, ouvre les portes de Branibor aux Saxons, dans les marais du Havel ; le margrave de Test, Gero, fait de l'ancien pays des Sorbes et Daleminzes, au delà de laMulde, avec Meissen, comme une Saxe nouvelle. Il y établit des colons allemands qui oppriment ou remplacent la population slave et commence à inquiéter d'autres Slaves, les Lutizes, dans la Lusace. Le margrave du nord, Hermann Billung, de Mersebourg, inaugure, vers la mer, le. môme système d'évincement et de remplacement des anciennes populations wendes et slaves. Les Allemands arrivent avec leurs serviteurs, bâtissent de gros châteaux (burgwarten), surveillent, colonisent, germanisent le pays, et font des hommes libres autant d'esclaves, sous la protection de burgraves on comtes de château. Puis, Tévéque élève bientôt quelque église de bois et on envoie là de rudes prêtres, îi qui il faut encore payer la dîme. Ainsi, s'élèvent à Havelberg, au confluent du Havel dans l'Elbe, à Bran* debourg, au milieu des marais du Havel, et plus près de la mer Baltique, chez les Wagriens, à Oldenbourg trois églises qui devinrent des évéchés en 946, 949 e 951. La légende n'a pu orner que la guerre et la con version des Danois, moins maltraités que les Slaves