ORAISON DU SOIR
DANS ma demeure où me berçait, Bon ange, la chanson des cloches, Voici l'heure trouble et qui sait Quelles invisibles approches ?
Sais- je qui m'aime dans le noir ?
Vois, des ailes d'ombre s'allongent.
Veille aux embûches de ce soir, Ange divin, veille à mes songes.
Joins mes mains, mes lèvres, mes yeux, Ferme mes genoux et repose En mes cheveux silencieux.
Afin que je sois toute close ;
Afin qu'en eux ne sourde rien, Ne souffle en mes mains, ou n'aspire A ma bouche sombre, et que bien Seule je sois à me sourire.
Et sans frôler les noirs soucis Montés de ma robe dernière, Viens en mes rêves obscurcis, Et signe-les de ta lumière.