‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 21 sur 75 · LA FEINTE · texte numérisé non relu

LA FEINTE

OUE cherchent tes lèvres aux nuits De mes seins, parmi les feuillages Et les fleurs closes où je suis, Enfant qu'altèrent mes mirages ?

De quelle étrange profondeur, Stérile et d'or, quand je sommeille, Mon âme, inutile splendeur.

Au fond de tes lèvres s'éveille !

Scintillements du paradis, La nébuleuse et trouble voie Qu'ils te découvrent, attiédis.

En des flots d'ombres et de soies !

Entre mes voiles de matin, Mes roses et mes mains défaites, Au seuil de ce royal festin, Avec tes prières muettes,

O toi qui viens à mon insu.

Seule me surprendre avant l'heure, Enfant, dont je n'ai pas déçu La soif d'une essence meilleure ;

Qui me cherches en ces apprêts De fiancée, avant l'aurore.

Pâle de mes bonheurs secrets, Belle de n'être pas encore ;

Qu'en elles ainsi, quelque jour.

Sous la forme de ces corolles Virginales, d'un vain amour Éclosent de blanches paroles ;

S'entrelaçant en un jardin De fleurs sans parfum et sans sève, Mais où sera l'ange soudain Que tu demandes à mon rêve.

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