‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 4 sur 75 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

DES profondeurs de l'orient, En ce crépuscule qui tombe, Calme, et silencieusement, Souriant en ses pensers sombres.

Vient la divine Nuit d'été.

Pas à pas, avec les ombres Qui s'allongent dans la clarté.

Elle pose ses pas où se posent Les ombres souples, aux griffes closes.

Et les ombres, toutes ensemble,

Dans le parc où la lune tremble, Suivent leur douce reine, en léchant Le bord de sa robe de flamme. Et les ombres rampent sous elle, Comme des chimères, dont les ailes, S'ouvrent et se ferment et s'ouvrent, En un jour livide et mourant.

Et la Nuit, comme avec des rênes.

De ses longs ch3veux d'or qui traînent, Guide ce ténébreux troupeau.

Là-bas, vers les sources marines Où le sang d'une mort divine A mêlé des roses dans l'eau.

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