‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 69 sur 75 · SOIR DE COMBAT · texte numérisé non relu

SOIR DE COMBAT

A Mademoiselle X...

A L'ORÉE de ces bois, Près de ces eaux fuyantes, Je l'aperçus, ce soir, pour la première fois.

C'était Elle, et non plus un rêve, mais vivante.

Comme je vivais, moi,

Dans ces souffles de fleurs, qu'elle aussi respirait.

Et je lui dis : ma Dame,

— Un cor de fête au fond des bois chantait, —

Je viens parmi les sons du soir, et dans les flammes De pourpre et d'or des étendards De ma victoire...

Est-ce donc vrai qu'il est trop tard Pour la rencontre de nos âmes ?

Si déjà le soir tombe

C'est que la lutte, hélas, fut dure et longue

Pour ta conquête !

Mais voici que les bruits de fête se sont tus, Et qu'humblement, à genoux, je t'adore Beauté pour qui, sans te connaître encore, Ton chevalier a combattu.

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