SONNET
EN cette nuit sacrée, ardente et solennelle, Chercheur aventureux des songes les plus hauts, J'ai touché les confins de la terre immortelle Où s'en vont nos chansons comme de blancs oiseaux.
Comment jusques à toi porter cette étincelle Que j'ai ravie au feu des célestes joyaux ? Ma bouche en est ardente et mon âme en chancelle Comme un rayon brisé sur la cime des flots.
Je reviens dans tes bras et je ne sais que dire ; Sur mes lèvres en feu toute parole expire ; Je te regarde et vois ton beau front glorieux ;
Tu ne dis rien, mais en la nuit proche où résonne Le chant du jour futur, tout ton être frissonne Et je vois mon bonheur se lever dans tes yeux,