‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 71 sur 75 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

O Béatrice, n'est-ce en un monde enchanté, Au fond de ce manoir dont le donjon domine Les pampres de Toscane et la fleur florentine, Que nous vécûmes là, ce merveilleux été ?

Rappelle-toi : La plaine autour de la colline, Le beau ciel radieux, l'air de sérénité, Toute la terre en fête offrant à ta beauté Sa couronne de gloire et de grâce divine.

Ceux qui se sont aimés en ces jardins troublants Où des esprits, le soir, se mêlent aux vivants, Jusque dans la mort même y retournent, fidèles.

Et c'est pourquoi mon âme, en songe, chaque jour S'en revient errer sous ces roses éternelles Et t'y redire encor son grand et triste amour.

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