II. Opérations conservatrices
À côté des tentatives faites dans le but d'améliorer le moignon de l’œil énucléé, l’on a proposé toute une série d'opérations qui ont pour but de conserver une fraction plus ou moins importante de l’œil malade et de permettre ainci une bien meilleure prothèse. Quelles sont ces opérations ? Dans quels cas sont-elles indiquées ? Quels en sont les résultats? Telles sont les questions
auxquelles nous nous efforcerons de répondre au cours de ce chapitre.
Section optico-ciliaire.
Cette opération était depuis longtemps indiquée comme premier temps de l’énucléation de yeux atteints
CE de gliome quand Weber puis de Graefe la conseillérent contre l’ophtalmie sympathique à la place de l’excision. Is comptaient ainsi s'opposer au passage de l'infection au travers du nerf optique. En 1893 Wecker (51) s'occupe encore de cette question au congrès de Londres, puis elle est abandonnée. Les résultats ont été mauvais et comme on ignore les causes véritables de l’ophtalmie sympathique les chirurgiens redoutent une opération ainsi dénuée de bases solides. Dans ces dernières années avec Leber, Deutschmam et d'autres, l’ophtalmie sympathique est devenue l’ophtalmie migratrice et la voie de transmission de l'infection d'un œil à l’autre, jusque là si mystérieuse, a été attribuée aux voies lymphatiques du nerf optique. Dès lors on a recours à la section de ce dernier pour remplacer l’énucléation. Comme autrefois les premiers résultats sont mauvais. Dans un cas Leber (52) voit en 1881 l'ophtalmie sympathique se déclarer dans un œil sain, deux ans et demi après la section du nerf optique et des nerfs ciliaires de l’œil malade. Deutschmam (53) a des observations semblables. Chuffard (54) dans sa thèse inaugurale estime la névrotomie optico-ciliaire insuffisante et lui préfère l’'énucléation. La même année Landolt (55) rapporte l’observation d’un homme qui après avoir eu des hémorrhagies répétées à son œil gauche souffrait de douleurs intolérables. Il refusa l’énucléation qu'on lui proposait et réclama l'énervation dont il avait entendu parler. L'opération pratiquée n’amena aucune amélioration et on fut contraint onze mois plus tard d’avoir
recours à l’énucléation,
Cette opération n'a donc pas donné de résultats satisfaisants, de plus elle est difficile à faire, elle ouvre les voies lymphatiques des nerfs sectionnés et les menace d'infection, enfin la continuation nerveuse peut se rétablir. Pour toutes ces raisons, on a abandonné cette
méthode et à juste titre.
Exentération du globe oculaire.
L'’exentération fut pratiquée pour la première fois par A.de Graefe en 1884. Des son début elle*fut très en faveur, et les chirurgiens se divisèrent en deux camps, les uns ne voulant pas renoncer à l’énucléation, les autres cherchant à restreindre au contraire de plus en plus ses indications en faveur du procédé de Graefe. En 1884, Abadie (56) dans une de ses leçons préconise l’exentération Si l’on redoute uneophtalmiesympathique, on fait l’énucléation, mais celle-ci entraîne souvent après elle des méningites de la plus haute gravité, aussi Abadie conseille de s’en tenir à l’éviscération. L'œil ne sera enlevé en totalité que.si l’on a affaire à une ophtalmie sympathique vraie en voie d'évolution ou à une tumeur du globe oculaire.
En 1885, Movel (57) présente dans sa thèse des conclusions favorables à l’exentération. La même année, John Green (58) la préconise également. Cependant ce procédé est quelque peu douloureux, aussi se préoccupe-ton de remédier à cet inconvénient.
En 1888, il est proposé dans un journal américain de