‹ Énucléation du Globe Oculaire et Opérations ConservatricesChapitre 16 sur 24 · Hier · texte numérisé non relu

Hier

Conclusions. — Nous nous trouvons en présence jusqu'ici de deux opérations : l'énucléation et l'éxentération. La première se complique souvent de méningite mortelle, elle rend la prothèse très difficile et tous les efforts pour y remédier jusqu’au dernier de Priestley Smith sont demeurés infructueux. La seconde ne se complique pas de méningite, rarement d’ophtalmie sympathique, permet une prothèse assez bonne. Donc l’énucléation devra être abandonnée sauf dans le cas où seule elle peut combattre le mal avec assez d'énergie, quand on aura affaire à une tumeur intra-oculaire nettement diagnostiquée, à un œil mou, douloureux et capable de déterminer une irritation sympathique de l’autre œil, enfin dans les cas de panophtalmie quand le pus aura perforé les parois oculaires et infiltré le tissu orbitaire. Dans tous les autres cas, il faudra renoncer à l’énucléation, mais devra-t-on toujours alors avoir recours à l'exentération ? Nous répondrons à cette question aprés avoir étudié l'opération proposée par M. le professeur Panas.

Opération de Critchett

On pratiquait déjà la résection du segment antérieur de l'œil dans les cas de staphylome total de la cornée, mais en laissant ensuite la plaie largement béante, quand Critchett en 1863 eût, le premier, l'idée de suturer les lèvres de la plaie. Voici comment il procédait : « La « base du staphylome était traversée par quatre ou cinq

« aiguilles munies de soie fine ; puis, celles-ci étant lais-

« sées en place, la tumeur était enlevée en totalité « jusqu’à deux millimètres du bord cornéen et l'œil était « ensuite fermé par le rapprochement des fils permettant « d'obtenir une cicatrice linéaire » (31).

Cette opération a le grand avantage de laisser comme moignon tout ce qu'il est possible de conserver de l’œil Malheureusement, elle a quelques inconvénients d’une grande importance. La zone ciliaire est perforée et emportée en partie avec le staphylome, d'où résulte souvent la production d'hémorrhagies intra-oculaires abondantes. De plus, ce qui reste du corps ciliaire est sans cesse irrité par les sutures et devient le point de départ de douleurs très vives pouvant même déterminer une irritation sympathique de l'autre œil.

Pour éviter ces complications Knapp imagina de suturer la conjonctive seule, mais la plaie étant ainsi fermée incomplètement, il s’écoulait souvent du vitré au travers, ce qui diminuait d'autant les avantages de l'opération.

En 1883 Sabaterie (98) dans sa thèse de doctorat présente 8 cas d’amputation du segment antérieur de l’œil qui furent suivis d’une complète réussite.

Il préconise fortement cette méthode dont le manuel opératoire est facile.

D'après lui, elle a aussi l'avantage de permettre une bonne prothèse grâce aux mouvements étendus du moignon et elle évite l’atrophie de l'orbite et de la face chez les jeunes sujets.

Cependant les inconvénients que nous avons énumé-

rés plus haut n’en subsistent pas moins et il faut arriver

Los

en 1898 pour entrer en possession d'une nouvelle opération qui, tout en conservant les précieux avantages du procédé de Critchett, n’en présente plus les défauts. Nous voulons parler de l'opération de M. le professeur Panas.

Kératectomie totale combinée

Cette opération fut exposée par M. Panas à l’Académie de Médecine dans sa séance du 23 août 1808 et publiée le mois suivant dans les Archives d'ophtalmologie. Voici comment M. Panas s’exprimait au début de son travail.

« Comme les autres branches de la chirurgie, l’oph- « talmologie moderne tend à devenir de plus en plus « conservatrice, grâce à l’antisepsie : l'énucléation, vé- « ritable mutilation et source de complications aussi « bien primitives que tardives, céde la place à desinter- « ventions plus rationnelles. C’est ainsi que le temps « est passé où, par crainte d'ophtalmie sympathique, « on énucléait sur le champ tout œil gravement trauma- « tisé. Dans un travail ultérieur nous démontrerons que « dans l'immense majorité des cas, la conservation est « alors possible et devient même la règle Pour le mo- « ment nous nous occuperons d'une grande classe « d'yeux perdus par le staphylome cornéen ou par le « glaucome chronique absolu et incurable, qu’on énu- « cléait couramment faute de mieux, en faisant valoir « que cette dure nécessité s’imposait, pour couper court

« aux souffrances endurées, et avant tout, pour préser-

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