‹ Énumération synoptique des espèces de mammifères fossiles des formations éocènes de PatagonieChapitre 27 sur 34 · AIT · texte numérisé non relu

AIT

La cavité glenoïde est très étendue dans le sens transversal, et limitée en arrière par une lame post-glenoïde pas trop élevée qui s'étend d’un bout à l’autre de la cavité, conformation très différente de celle que l’on voit chez les Carnassiers placentaires mais qui se rapproche de celle des Carnassiers marsupiaux d'Australie. Il ÿ a en outre une apophyse préglenoïde placée sur le côté externe et formée par l'extrèmité postérieure du zygomatique.

Le palais est complètement ossifié, et généralement sans le moindre vestige des vacuités palatines caractéristiques des marsupiaux ; pourtant, dans quelques espèces il y a de petites vacuités palatines. Par son contour et la disposition générale de la denture, le palais ressemble complètement à celui des Carnassiers placentaires et spécialement à celui des Canidés. Les arrières narines s'ouvrent entre la dernière paire des moaires, au lieu d’être reportées en arrière de ces dents comme en est la règle générale chez les marsuptaux.

Les condyles de la mandibule sont transversaux, convexes et placés plus bas ou au même niveau du bord alvéolaire. La branche montante est fortement inclinée en arrière et avec une apophyse coronoïde très large. Le bord inférieur des branches de la mandibule est large, aplati en arrière et avec l'angle mandibulaire fortement inverti en dedans comme chez les marsupiaux. Dans quelques genres (Anatherium), le condyle est placé très bas, au bout de la branche horizontale, sans qu'il soit séparé de la partie inférieure de celle-ci; dans ce cas on ne voit pas d'angle mandibulaire distinct, conformation qui rappelle jusqu'à un certain point les genres secondaires Triconodon et Phascolotherium ; en plus, le condyle présente la surface articulaire qui regarde en arrière et non en haut, c’est-à-dire qu'elle est verticale et non horizontale.

L’atlas, dans la partie inférieure de l'arc, ne présente pas de pièce séparée comme dans les marsupiaux ; il est d’une seule pièce et sans vestiges de sutures, se rapprochant par cela de celui des carnivores placentaires. Les apophyses transverses

fe

du même os sont courtes, étroites et dirigées en dehors en droite ligne.Le premier nerf spinal passe par un trou complet. Le canal vertébro-arteriel perfore en avant la base antérieure de l’apophyse transverse dans sa partie inférieure, et s'ouvre en arrière dans l'intérieure même du canal neural dans sa partie supéro-postérieure.

L'axis possède une apophyse odontoïde très longue et cylindrique. Le corps de l’axis est divisé par une suture transversale permanente en deux parties, une antérieure qui porte en avaut l’apophyse odontoïde et les condyles articulaires pour l’atlas, et l’autre en arrière. La crête longitudinale mediane de la partie inférieure (hypapophyse) présente une interruption au niveau de cette suture transversale.

Les autres vertèbres cervicales ont des apophyses épineuses tres petites, des apophyses transverses assez grandes et perforées à leurs bases par le canal vertébro-artériel, des pleurapophyses bien développées et des très grandes et très longues hypapophyses dirigées en arrière.

Les corps des vertèbres dorsales, lombaires et des dernières cervicales présentent vers le centre de leur face supérieure à l’intérieur du canal neural, une vacuité assez considérable, allongée d'avant en arrière sur la ligne mediane et qui pénètre dans l’intérieur du corps vertébral; en plus il y a sur [a même ligne médiane une forte crête osseuse longitudinale qui passe par dessus de cette vacuité formant un pont osseux. Il s'agit d'un caractère reptilien très remarquable ; la plus grande ressemblance je la trouve avec les vertèbres cervicales des crocotiliens, mais chez ceux-ci la crête longitudinale est très basse.

Les épiphyses des corps vertébraux ou disques intervertébraux, complètement imparfaits, ne sont ossifiés qu'à leur circonférence, en forme annulaire. Généralement les vacuités centrales des disques ont été remplies par la substance osseuse des corps vertébraux, laquelle en poussant a débordé en avant et en arriére donnant ainsi origine à des protuberan-

ces coniques. Dans les vertèbres caudales, particulièrement

dans celles du milieu et dans les dernières, ce prolongement de la substance osseuse des corps vertébraux à travers les vacuités centrales des disques intervertäbraux ne se présente qu’à la face antérieure de chaque vertèbre, mais très développé, constituant comme une espèce de gond qui s'emboite dans une cavité de la face postérieure du corps de la vertèbre précédante simulant ainsi une fausse conformation opisthocèlle.

La queue était longue et forte, ressemblant beaucoup dans ces proportions à celle des felidés, et avec les vertèbres sans hemapophyses.

L’omoplate se distingue par sa cavité glenoïde profonde et presque circulaire et par le grand développement de l’apophyse coracoïde, souvent séparée par une suture du corps de l'omoplate.

L'humérus est assez variable. Dans quelques genres, il ressemble à celui des Canidés, sans perforation sur le condyle interne, mais quelques fois avec une petite vacuité intercondylienne; la crète externe ou de supination de la moitié inférieure de l’os n’est pas accentuée et ne forme pas en haut ni crochet ni angle saillant. Chez d’autres genres, le bord externe audessus du condyle est très élargi, en forme de lame mince qui termine en haut dans un erochet, tandis que sur le condyle interne il y a alors invariablement, une très forte perforation.

Le radius est plus droit que celui des Carnassiers placentaires, et avec l'articulation proximale régulièrement elliptique ; en bas il est fortement triangulaire.

Le cubitus présente une cavité sigmoiïde très profonde, et la partie olécranienne est très longue et très forte comme dans les Créodontes; le corps de l’os n’est pas arqué avec concavité postérieure comme en est le cas dans la généralité des Carnassiers, sinon qu'il est tout droit.

Le pied antérieure n’est connu que dans le genre Prothylacynus ; le pouce n'est représenté que par le métacarpien qui

pourtant est très bien développé. Aussi bien les métacarpiens que les phalanges sont très fortes et très courtes, plus courtes encore que celles des Créodontes. Les quatre doigts complets étaient à peu près de même grandeur, avec des phalanges onguéales arquées, très hautes, excessivement comprimées, et sans gaine osseuse postérieure pour la réception de la base de la partie cornée des griffes.

Le bassin ressemble à celui des Carnassiers placentaires et ne présente pas des vestiges d’avoir eu des os marsupiaux.

Le fémur ne diffère de celui des Carnassiers que par la présence d’un troisième trochanter plus ou moins développé.

Le tibia, dans certains genres, a une ressemblance avec celui des canidés; son extrêmité inférieure est presque quadrangulaire, et sa surface articulaire avec l’astragale présente une forte crête intertrochléenne. Chez d’autres genres, le tibia est d’extrêmité distale très comprimée et de surface astragalienne plate.

Dans la forme de l’astragale il y a de très grandes différences, mais on reconnaît facilement trois types principaux. Dans le premier, le corps de l’astragale est petit et étroit; sa surface supérieure est presque plate et se prolonge sur le côté externe en forme de pointe triangulaire ; la tête articulaire est excessivement courte et ne présente pas de col. Cet os, est en réalité construit sur le même type que celui des marsupiaux, mais il s'articule avec le calcanéum par deux facettes articulaires séparées par une gorge profonde ; la facette articulaire interne pour le calcanéum se prolonge en avant jusqu’à se confondre avec la facette articulaire de la tête. Dans le deuxième type, l'astragale est de corps presque carré, avec la surface articulaire supérieure pour le tibia plate transversalement et convexe d'avant en arrière; la tête articulaire est petite, longue et séparée par un col bien défini qui se dirige obliquement en dedans ; les deux facettes inférieures pour le calcanéum ne présentent rien de particulier ; cette forme ne diffère essentiellement de celle de l’astragale des Créodontes. La troisième

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