‹ Environs de Paris --Chapitre 25 sur 59 · LE SALON DES CABINETS DE LA REINE A VERSAILLES · texte numérisé non relu

LE SALON DES CABINETS DE LA REINE A VERSAILLES

UN CONCEItT [) Ol'TRE-TOHBE

musique — recèle dix des airs préférés de Marie-Antoinelte. Je dis « réparer » et non « restaurer », car, res-

DETAII, I) UNE POHTE I)U « SALON DES CABINETS bE LA REINE »

pectueux du passé, M. Le Koy a très justement mis son point d'honneur à ne pas introduire le moindre perfectionnement moderne dans le mécanisme ancien. Les heures que sonnera cette relique seront frappées sur le

timbre de jadis, leur sonnerie sera celle-là même que percevaient la Reine et ses amies : les airs que nous allons écouter seront donc exactement ceux qu'entendait la belle souveraine... Les deux Dauphins — celui qui mourut en 1786 au château de Meudon, et le petit martyr qui languit à la tour du Temple — ont très probablement, en compagnie de Madame Royale, dansé des rondes enfantines aux sons joyeux de ces refrainslà!

Et d'abord, comment fut-elle retrouvée?... Par hasard ! Au cours d'une étude sur les innombrables pendules du château de Versailles, M. de Beauchamp découvrit un jour, relégué dans une salle quelconque, cet étrange modèle au socle disproportionné qui devait cacher, sinon un mystère, du moins une boite à musique (^).

Un très vieux gardien consulté se souvint fort à point que, jadis, la pendule jouait des bribes d'airs anciens, mais on entendait à peine; la manivelle paraissait

(i) Les palais et jardin de Versailles reçurent, en 1796, la visite d'un Allemand, le D"" Meyer.... Il trouva les salles et les chambres dévastées, les glaces cassées, les consoles brisées....

— ... « Neuf heures sonnèrent», dit-il — «Dans l'instant, une musique en sourdine de flûtes et de harpes m'étonna; elle partait d'une horloge admirable que j'avais vue douze ans auparavant dans la chambre de la Reine. C'était le tendre andante d'une sonate, précédant un adagio mélancolique. 11 se terminait insensiblement par des tons qu'on entendait à peine. Alors se turent les flûtes, les harpes et le silence de la mort régna de nouveau. » [Fragments sur Paris, traduits par Dumouriez, Hambourg, 1798, tome 11.)

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