‹ Environs de Paris --Chapitre 29 sur 59 · BONAPARTE · texte numérisé non relu

BONAPARTE

Dessiné par Isabey à li Malmaison.

épris de sa volage Joséphine, joue au chat perché, aux barres, à colin-maillard, aux grâces et danse — pas en mesure — « la Monaco » : Malmaison, c'est l'alpha et ce sera l'oméga du cycle prodigieux !

L'histoire de la Malmaison est connue : au lendemain de la Terreur, la citoyenne La Pagerie — veuve du général Beauharnais, guillotiné le 5 thermidor an II — vivait pauvrement à Croissy. Désireuse d'offrir aux M purs » de la municipalité des gages de son ardent civisme, la « veuve Beauharnais » — au sortir de sa prison des Carmes — avait placé son fils Eugène comme « apprenti menuisier » chez le citoyen Cochard, agent national de la Commune; sa fille Hortense était «petite main » chez la couturière Landy !

aussi grand que celui de Petit-Bourg ou de Méréville, l'était autant que celui de Morfontaine et d'Ermenonville.

... Le parc était délicieusement distribué, malgré sa proximité avec la montagne assez aride qui se trouve sur la gauche...

Le Premier Consul avait un jardin particulier auquel on arrivait par un pont recouvert de coutil comme une tente, et qui aboutissait immédiatement à son cabinet particulier... Ce pont dont je viens de parler et qui était arrangé comme une petite tente, lui formait une chambre de plus. Il y faisait porter une table et travaillait seul sur ce pont... « Lorsque je suis à l'air — disait-il — je sens que mes idées prennent une direction plus haute et plus étendue. » (Mémoires de M"^^ la duchesse dWbrantès, tome 111, chapitre XV}.

Harcelée par ses créanciers, « laissant des billets impayés entre les mains de tous les usuriers de Paris », la belle Joséphine se réfugia à Croissy... où la Fortune vint la chercher. On sait l'aventure : Vendémiaire, Bonaparte nommé général en chef de l'armée de Paris, son mariage avec Joséphine, l'indignation du notaire Raguideau, reprochant à sa noble cliente d'épouser «ce petit officier qui n"a que la cape et l'épée »... En 1798, Bonaparte revenant d'Italie visite Malmaison et repart pour l'Egypte avant d'en avoir conclu l'acquisition!

Mais le 21 avril de l'an suivant — anniversaire du jour oîi, cinq ans auparavant, elle est sortie des Carmes — Joséphine, « ravie à l'idée d'être châtelaine » signe le contrat d'achat « comme une enfant qui acquiert une poupée qui lui plaît, sans savoir si elle s'en amusera longtemps (*) ». Le « citoyen Charles », — un beau capitaine de hussards chamarré d'or, qui avait pris en Italie la fâcheuse habitude de venir déjeuner au palais

(1) Dans la vie de Joséphine, l'acquisilion de la Malmaison marque une époque importante, celle où la mondaine se fait châtelaine...

C'est le 2 floréal an II, c'est-à-dire le 21 avril 1794, qu'elle sort de la prison des Carmes, c'est le 2 floréal an VII, 21 avril 1799 qu'elle passe contrat devant M« Raguideau, notaire à Paris, avec Lecoulteux de Moley pour l'achat de la Malmaison

L'achat fut fait au nom de M™«= Bonaparte avec l'autorisation spéciale de son mari absent, ainsi qu'elle le déclara, mais sans rapporter aucun acte en forme de cette autorisation. {Revue historique de VcTsailles, année 1901. M™'^ Bonaparte à la Malmaison, par Ch. Bonnet).

Massard, del.

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