‹ Environs de Paris --Chapitre 31 sur 59 · LA BIBLIOTHEQUE DE LA MALMAISON · texte numérisé non relu

LA BIBLIOTHEQUE DE LA MALMAISON

Ancienne lilliog.

aux enchères, le lundi 29 juin, on disperse les broulilles, et le catalogue des livres composant la bibliothèque annonce jusqu'à <^ la vente des orangers au nombre de vingt-quatre ! »

Mais avant rémiettement^final, Malmaison avait reçu

une visite tragique : au lendemain de Waterloo, le 25 juin 1815, Napoléon trahi, abandonné, déjà prisonnier — ou presque — était revenu s'enfermer — seul — dans la chambre où l'année précédente, pendant l'exil de l'île d'Elbe, Joséphine avait rendu le dernier soupir. Les yeux rougis par les larmes, le dos voûté, « en habit marron et en chapeau rond », le Grand Vaincu quittait ensuite le château ; et les espions attachés à ses pas le voyaient gagner la petite porte au fond du parc, monter dans une calèche sans armoiries, attelée de chevaux de poste, prendre le chemin de Rochefort, de Sainte-Hélène: du martyre !

En peu d'années, le domaine fut complètement ruiné, et c'était avec raison qu'aux environs de 1830, le portier, « fumant sa pipe sur un banc dégradé », pouvait répondre au désir d'un fidèle demandant à visiter les appartements : « Ce ne sera pas long... il n'y a plus rien»...

Rien, en effet, ne subsistait du parc dévasté ; et les propriétaires successifs, la reine Marie-Christine, aussi bien que les millionnaires qui l'avaient précédée, laissèrent le château s'effriter lentement ; ils ne respectèrent même pas les reliques que l'âpreté des créanciers n'avait pu arracher des murs, et leur mauvais goût naturel déshonora le reste.

Après la guerre de 1870, Malmaison n'était plus qu'une vaste et lugubre ruine...

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