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CHAPITRE XXVII

Erreur fondamentale qui est le germe de toutes les doctrines socialistes sur l’épargne

et le capital.

Les opinions que j’ai rapportées dans le chapitre précédent sont sans valeur théorique, et, au moins dans la pensée de leurs auteurs, n’aboutissent à aucune conséquence pratique fâcheuse, en ce qui concerne la mise en œuvre et la rémunération du capital. Je dis : dans la pensée de leurs auteurs... car nous allons précisément voir quel parti les docteurs du socialisme contemporain ont cru pouvoir tirer des formules telles que celles-ci : ce n’est pas l’épargne, c’est le travail qui forme les capitaux ; l’épargne ne produit que des accumulations, elle ne crée pas le capital.

Dans la guerre déclarée au capital, il faut distinguer entre l’opinion irréfléchie et spontanée des masses (1 ) et les théories

(18) Je n'applique, bien entendu, ce jugement qu’à la partie de leurs livres dans laquelle ils ont présenté une analyse défectueuse de l’épargne et du rôle qu’elle joue dans la formation des capitaux.

(1) Quand je parle des masses, je n’entends pas dire que tous les ouvriers soient infectés des doctrines erronées sur le capital. On sait l’opposition qui existe en Allemagne entre les ouvriers Lassaliens ou socialistes et ceux qui suivent M. Schulze Delitzsch. opposition qui a domié lieu à des conflits violents. Je montrerai tout à l’heure qu’il y a plus de sagesse chez les ouvriers que chez les agitateurs, qui n’appartiennent pas à la classe ouvrière, et que c’est merveille s’ils ont conservé quelques idées saines en économie politique, malgré les excitations qu’on ne leur épargne pas.

savantes ou réputées telles des chefs de 1 armée socialiste. Il semble qu’on devrait d’abord s’attacher à celles-ci ; il n’en est rien, et voici la raison. Ici, comme toujours, la théorie est venue la dernière ; l’erreur naïve a précédé la théorie erronée. Les docteurs du socialisme se sont simplement appliqués à transformer en convictions réfléchies de fausses appréciations excusables chez ceux qui souffrent d’autant plus des conditions économiques de la société qu’ils les comprennent moins. Ils ont fait comme tant d’autres chefs qui, pour mieux s’assurer l’empire sur leurs partisans, se mettent à leur remorque ; et ils ont donné encore un exemple des tristes résultats auxquels on arrive en n’ahordant la science qu’avec la ferme intention d’y trouver à tout prix les moyens d’étayer un système préconçu (2).

Quoiqu’il en soit, quelle est cette erreur fondamentale qui a été le point de départ de toutes les doctrines hostiles au capital? Il y a bien là sans doute, un peu de mauvaise passion, de convoitise ; mais il y a surtout une ignorance qui ferait sourire si elle n’était encore plus digne de pitié. L’erreur a été de croire que le capital est quelque chose d’existant par lui-même, de définitivement constitué, quelque chose comme une invention qui, après avoir été pendant un temps légitimement, si on veut, exploitée par l’inventeur, doit enfin tomber dans le domaine public. Ne leur parlez pas de l’épargne incessante, continue, de tous les moments qui, depuis des siècles, forme, maintient, accroît, conserve le capital 1 C’est là quelque chose qui ne se

(2) 11 est carieux; que Karl Marx {Das Kapitnl, î« édition, page 816) adresse le même reproche aux économistes bourgeois : « 11 n’y a plus « chez eux, dit-il, le culte désintéressé de 1a science ; ce n’est plus qu’une «t apologétique du capital. Ces apologistes sont vendus au capital. » Avec quel dédain sont traités ces derniers représentants du capüalisme, même dans le camp des socialistes de 1a chaire ! on les appelle volontiers les Epigones du libéralisme économique. Bastiat en est le type.

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voit pas, qui ne tombe pas sous les sens. Ce qui se voit, ce qui frappe les regards de tous, c’est l’usine, la machine, le bateau à vapeur, la locomotive. Qu’est-ce que tout celà? une masse inerte que le travail seul anime. Ce n’est pas le capital qui vivifie le travail, c’est le travail, force active, intelligente, qui donne la vie au capital ; que l’ouvrier déserte l’usine, elle n’est plus qu’un amas de pierres, de vieux fer et de vieux bois. Le capital est définitivement créé, nous n’avons plus besoin de capitalistes dans l’avenir, et, quant aux détenteurs actuels du capital, qu’on leur donne, s’il le faut, une indemnité, mais qu’on ne laisse pas plus longtemps dans leurs mains ce vaste outillage de l’industrie moderne, qu’ils pourraient arrêter tout d’un coup en refusant leur concours. En parlant des instruments de travail répartis parmi les capitalistes, on dit quelquefois : le capital social. Que ce mot devienne une vérité, que ces instruments de travail appartiennent désormais à la société, pour que l’usage en soit commun à tous les travailleurs, comme tant d’autres choses qui sont dans le domaine public pour que chacun en jouisse ; et chacun paiera un impôt à l’Etat chargé de conserver et de perfectionner le capital social et d’en assurer le libre usage à tous ceux qui sont en mesure de l’utiliser, comme il distribue entre les riverains d’un fleuve la force motrice des eaux ; mais cet impôt ne sera rien en comparaison des exigences croissantes des capitalistes qui exploitent les travailleurs.

Il y a dans cette conception naïve du capital la plus étrange aberration. Le capital n’est plus cette puissance productive répandue dans le monde, qui se manifeste sous les formes les plus diverses, qui coule incessamment par mille canaux, distribuant partout la vie et la fécondité , tantôt alimentant l’usine de matières premières et de salaires, tantôt s’immobilisant en usines nouvelles, en améliorations foncières, en canaux, en chemins de fer ; approvisionnant le commerce des produits qu’il doit

mettre à la portée des consommateurs ; le capital se résume dans ce mot à' outillage, d’instruments de production, pris dans le sens le plus étroit. Yoyez-vous l’Etat chargé de conserver le capital social et de l’améliorer, nommant des conservateurs du capital social, y compris un conseil de perfectionnement ! Cette manière de concevoir le capital vous fait penser à une galerie de tableaux, à un musée, à une bibliothèque, dans lesquels l’Etat est en effet très-propre à jouer le rôle de conservateur, car il ne s’agit pas de l’incessante consommation par laquelle le capital se maintient et se reproduit.

Il faut bien le dire, il n’y a pas seulement dans tout celà une ignorance profonde des plus simples lois économiques ; il y a encore, au moins pour quelques-uns, la tentation de mettre purement et simplement la main sur un objet qui est à leur convenance. Toutefois les entreprises de ce genre ne laissent pas d’éveiller des scrupules chez les plus décidés ; on veut y mettre des formes et on s’adresse à des gens quelque peu clercs pour se laisser persuader que, après tout, on est dans son droit. Ces avocats consultants d’une nouvelle espèce n’ont pas fait défaut ; ils se sont offerts avec empressement.

C’est une tâche rebutante (3) que d’analyser les sophismes

(3) J’épargne au lecteur une analyse fastidieuse que j’ai dû faire pour mon édification personnelle; ce sera assez de reproduire la substance de ces sophismes J’ai eu l’occasion (avant-propos, note 31, chapitre xx. note 11) de faire remarquer qu’il n’y a rien d’essentiel dans Karl Marx et dans Lassalle qui ne se trouve dans Proudhon. Je tiens à rapporter, à ce sujet, le jugement de Schaeffle {Kapilalisrmis und socialUmvs, page 374) qui n’est pas suspect, et qui me parait très-exact : « F.assalle et « Marx affectent de traiter Proudhon de petit bourgeois (kleinbürger), « et donnent suffisamment à entendre qu’ils le tiennent pour un petit « esprit (kleingeist). Il faut reconnaître toutefois qu’il y a une étroite « parenté entre ces trois hommes, et que Marx et Lassalle ont emprunté « à Proudhon tout ce qu’il y a d’essentiel dans leur critique, tout en lui « étant supérieur par leurs connaissances en économie politique et en « histoire du droit. Ils ont du reste cela de communs que leur critique

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contenus dans les écrits de ces hommes, auxquels ne manquaient ni l’esprit ni la science ; il est affligeant de les voir jongler sérieusement avec trois ou quatre idées fausses sous les regards de la foule ébahie, qui ne comprend pas et se croit initiée aux plus hautes spéculations économiques ; de les voir épuiser les ressources d’une métaphysique et d’une dialectique suspectes pour confirmer dans leurs erreurs et encourager dans leurs convoitises ceux qu’ils auraient dû éclairer et détourner de leurs mauvaises pensées. Voici donc ce qu’ils ont dit à ces pauvres gens :

« Vous pouvez en toute conscience mettre la main sur le « capital ; il vous appartient, c’est vous qui l’avez créé. On a

a est purement négative. » — Proudhon est parfois amusant ; il a des éclairs de bon sens. Rien de cela dans Marx. Quelle qu’ait pu être la portée d’esprit de Lassalle, il n’y a absolument rien de neuf dans ses écrits. C’était un pur agitateur ; il avait la mise en scène et cherchait à égayer son monde aux dépens des capitalistes. Marx se plaint {Das Kapilal, préface de la 1" édition, note 2) non seulement d’avoir été copié par Lassalle, mais de n’avoir pas été compris par lui. C’est presque le mot qu’on attribue à Hegel mourant : « Je n’ai été compris que par un « seul de mes disciples... et encore il ne m’a pas compris! » Les personnes qui ne sont pas familières avec la langue allemande et surtout avec la manière de penser des Allemands, liront avec profit l’excellente analyse donnée par M. .Maurice Block ; Les Ihéorisiens du socialisme en Allemagne {Journal des Economistes de imWel et août 1872). et les deux articles de M. Emile de Laveleye publiés dans la Revue des deux Mondes du 1" septembre et du 15 décembre l876 : Le socialisme contemporain en Allemagne. 1. Les théoriciens. Il Les agitateurs,. — Je recommande, au même titre, les revues des publications économiques de l’étranger publiées parM. Maurice Block dans le Jourwa/ des Jîconomistes. M. Schaeffle. dans l’ouvrage cité ci-dessus, a résumé les doctrines antûapitalistiques. M, Schaeffle est un socialiste de la chaire des plus modérés, c’est-à-diie un vrai économiste au fond, qui, en la forme, à des ménagements pour les socialistes. — W. Roscher, Histoire detEconomie politique en Allemagne (Geschichte der National-Oekonomik in Devtschland, München 1874. § 206) a porté sur Marx et sur Lassalle un jugement conforme à celui de Schaeffle : rien de neuf, aucune valeur scientifique, aucune intelligence des phénomènes économiques, aucun sens pratique.

« dit ingénieusement que l’ouvrier devrait pouvoir avec son sa-

« laire racheter son produit (4), mais il faut établir cela ana- « lytiquement et dire ce que c’est que le capital et comment il « se forme. Qu’est-ce que le capital ? Un nègre est un nègre ; « il peut être un esclave. Une machine à filer n’est qu’une raa-

« chine, il peut se faire qu’elle devienne un capital. Le capital « n’est qu’une manière d’être sociale de la production. Sup- « posez un peuple de travailleurs possédant chacun des instru- « ments de travail et des accumulations de produits, de ma- « tière première, croyez-vous que ce seront là des capitaux !

« Pas le moins du monde ; ces choses ne sont capital que « quand elles deviennent des instruments de domination et « d’exploitation de l’ouvrier (5). Votre bon sens naturel vous « a dit que le capital, étant une chose inerte, n’a droit à aucune « rémunération ; il faut bien se rendre compte du procédé v « inique par lequel ce vampire s’engraisse aux dépens du travail « actuel et vivant. D’abord il est une portion du capital qui n’a « certainement droit à rien, car elle ne produit rien, aucune « plus-value ; c’est la machine et les matières premières qu’elle « consomme, car si elle produit deux fois plus, ce qu’elle a « produit se vend moitié moins cher, et on n’est pas plus « avancé (6). Voilà pourquoi nous appelons ce capital constant;

« c’est l’autre capital, le capital variable, destiné à payer le tra- « vail, qui est l’abominable instrument à l’aide duquel le capi- « taliste réalise un profit, une plus-value, dont il s’empare « indûment, car cette plus-value n’est autre chose qu’un sur- « plus de travail, un travail non payé. Le capitaliste, en effet,

« ne paie à l’ouvrier que le salaire courant, il achète sur le

(4) C’est la formule de Proudhon.

(5) Tout cela, bien entendu, est rapporté textuellement; c’est du Karl Marx tout pur.

(6) Ceci est du haut comique : obtenir deux fois autant d’objets pour un même prix ne serait pas un résultat pour la sociéfê ! On reconnaît ici la fameuse antinomie de la valeur de Proudhon.

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« marché la puissance de travail dont le prix, suivant la loi « économique, tend à se niveler avec les frais d’entretien de « l’ouvrier. Mais avec cinq heures de travail l’ouvrier aurait « pu (7) gagner ce qu’il lui faut pour son entretien, et il tra- « vaille dix heures pour le capitaliste, c’est,à-dire cinq de plus « qu’il ne lui doit, que le travail nécessaire pour obtenir sa subît sistance. Ainsi le capital est par lui-même improductif ; il est « le spoliateur du travail qui est la source de toute richesse, « l’unique mesure de toutes les valeurs (8). Voulez-vous raain- « tenant, pour plus de clarté (??..) une expression exacte du « degré d’exploitation de la force de travail ou du travailleur « par le capitaliste ? nous dirons que la plus-value est au capi- » tal variable comme le surplus de travail est au travail né- « cessaire (9), de sorte que la formule de ce degré d’exploitation

(7) Où ? comment ? dans quelles conditions ? avec ou sans l’aide da capital? pourquoi ne lui aurait-il fallu que 5 heures de travail? qu est-ce que ce travail considéré d’une façon abstraite, sans tenir compte de son intensité et de toutes les circonstances propres à accroître sa productivité?

(8) Une sorte de mysticisme économique s’empare de Karl Marx à propos de la durée du travail considérée comme mesure de la valeur : « La commune substance sociale qui ne fait que se manifester diverse- « ment dans les diverses valeurs échangeables, c’est le travail. Comme « valeur d’usage, les produits ne sont que du travail cristallisé. Un bien « n’a de valeur que parce que le travail s’y est objectivé, matérialisé, a et son degré de valeur se mesure par la quantité de 1a substance de « travail qu’il contient. . » Cari Knies, dans son étude sur la monnaie {Das Greld, Darlegung der Grundlehren von dem Gelde, Berlin, 1873, page 119) lui répond : « Les utilités dertinées à nous procurer des « satisfactions, des jouissances (Genüssel ne peuvent être réduites en « leurs contraires, à savoir les quantités d’efforts (Bemühungen), ou sa- « crifices nécessaires pour les produire. Il y a là substitutions de choses « hétérogènes. »

(9) Tout cela est, bien entendu, textuel. Etant donné que la plus-value Mehrwerth (m) est au capital variable (v) comme le surplus travail (Mehrarbeit) est au travail nécessaire ; Die Rate des mehrwerthes

ist daher der exacte Ausdruck fur deu exploitations grad der Arbeits. Kraft durch das kapital, des Arbeiters durch deu kapitalisteu. Voir Das kapilal, p. 207.

« est le rapport plus-value : capital variable. Quand même « vous ne comprendriez pas très-bien, il suffit que vous vous « souveniez de ces formules et n’en démordiez pas (10). Avec « cela vous confondrez les imposteurs qui vous diront qu’on « peut arriver à quelque chose par le travail et l’épargne, et « que l’intérêt qu’on perçoit est le prix d’un service, la rérau- « nération du travail d’épargne, d’accumulation et de conser- « vation (1 1). Ah I la bonne plaisanterie de faire du profit du « capital le salaire de l’abstinence I Voyez tous ces pauvres « ascètes et stylites, Rothschild en tête, qui tendent leur sébile « aux passants pour recevoir le prix de leur abstinence. Ah, « Monsieur Schulze-Delitzsch, que vous avez dû être un fier « ivrogne et un débauché, pour n’avoir pas le moindre petit « capital, comme l’affirment vos amis !... hypocrites!... Mais « vous ne perdrez rien pour attendre ; la conscience publique « vous flétrira vous et vos complices, et on vous imprimera sur « le front avec un fer rouge ces mots : Salaire de l’ahsti- « nence!... »

Je suppose que le lecteur n’est pas arrivé à ce triste endroit de mon livre sans avoir un peu lu ce qui précède, et j’aurais vraiment bien peu réussi dans mon enireprise, si le plus novice ne ressentait pas quelque pitié pour ces tentatives de mystifica-

(40) Cette algèbre et la manière de s’en servir rappellent le latin et le procédé de Sganarelle : « Entendez-vous le latin? — Non. — Vous « n’entendez point le latin? — Non. — Eh bien ! on va vous en don- « ner. » Au lieu de latin mettez algèbre ou métaphysique.

(1 1) Les arlequinades et les invectives qui suivent sont textuellement de Lassalle, dans son Vma Uerr Basliat Schulze von Delitzsch, oder Kaf.ilal und Arbeit, dont les chapitres ii et iii sont relatifs à la formation du capital. — (Voir ci-dessus chapitre xx, note tt).

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tion (1 2), et quelque mépris pour ces coupables excitations (1 3), qu’on est mal venu à désavouer en prétendant qu’on attend tout d’une pacifique et lente évolution.

Les voies ordinaires qui conduisent aux divers degrés de la fortune, depuis l’aisance et la médiocrité jusqu’à l’opulence, ont toujours paru à beaucoup de gens longues et difficiles ; de tout temps l’imagination des peuples a entrevu une source merveilleuse de richesses jaillissant quelque part spontanément : les placers de la Californie, l’Amérique au xvi® siècle, l’Orient à l’époque des croisades, l’Espagne au temps des Phéniciens et des Carthaginois, l’Hespérie pour les Grecs, ont été tour à tour ces pays enchantés; et, plus anciennement encore on a rêvé de trésors mystérieux gardés par des monstres redoutables, la Toison-d’or conquise par les Argonautes et les pommes d’or du jardin des Hespérides ravies par Hercule. De nos jours, le capital est apparu comme un de ces trésors fabuleux mais bien autrement facile à conquérir, car il est là sous la main et il n’est pas bien difficile de se débarrasser du dragon qui le garde, l’honnête capitaliste. Nous allons voir qu’on se trompe, car,

(12) Cette accusation de mystification parait préoccuper Karl Marx. Dans un appendice (Nachwort) à son livre, pages 812, 822, il rappelle qu’il a critiqué le côté mystificateur de la dialectique Hégélienne dans un temps où elle était encore fort à la mode en Allemagne. Il a rassemblé là les témoignages favorables de la critique et notamment celui de M. Maurice Block dans les articles ci-dessus cités du Journal des Economistes... M. M. Block est poli, et du reste personne ne refusera à Marx de l’instruction et de la vigueur d’esprit... il s’agit uniquement de savoir quel usage il en fait. V. la note 3 ci-dessus.

(13) Il faut noter que Lassalle, agitateur de profession, était avant tout un ambitieux de gloire et de plaisir, un de ces hommes dont Gœthe fait dire à Méphistophélès, parlant de Faust, qu’ils demandent simplement les plus belles étoiles du ciel et les plus hautes voluptée de la terre.

Vom Htmmel fordert er die schônsten Sterne Und von der Erde jede hôchste Lust.

outre qu’il y a beaucoup plus de capitaliste à supprimer qu’on ne croit, les résultats de cette belle expédition seraient un désastre pour la société et un désappointement pour ceux-là même qui l’auraient conduite.

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