‹ Epaves poétiquesChapitre 49 sur 77 · SCENE ^' I I I LA DUCHESSE, seule · texte numérisé non relu

SCENE ^' I I I LA DUCHESSE, seule

Ah ! le cruel bourreau !

Voilà bientôt dix ans que je lutte dans l'ombre Contre le désespoir d'un courage qui sombre, Pendant que lui se plaît à me broyer le cœur ! Et si je laisse enfin s'exhaler ma rancœur, Si je sens ma fierté bondir sous son oul^'age. Il me crache d'un mot son mépris au visage ! Je suis lasse, à la fin !.. . Tout ce que j'ai souffert, Mon triste isolement, mon tourment, mon enfer. Jusqu'au sourire faux de sa lèvre traîtresse, J'aurais tout pardonné pour un mot de tendresse ! Il ne l'a pas voulu !. . . Cette femme. . . Ah ! pouvoir La tenir un instant I. . . . La voir, je veux la voir ! Oui, la voir face à face !. . . Ah ! je me sens féroce ! Capable de rêver quelque vengeance atroce. Vengeance à rendre enfin — pauvre souffre-douleur ! — Injure pour injure et malheur pour malheur !

(A ce moment où la colère met sur sa figure une empreinte de véritable sauvagerie, Angioliiio arrive en courant, à Taspect de sa mère s'arrête tout tremblant.)

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