‹ Epaves poétiquesChapitre 63 sur 77 · SCÈNE VI LES PEECEDENTS, YESOUE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LES PEECEDENTS, YESOUE

STELLA

Mon Dieu, ce fer hors du fourreau . .

Cet homme . . . qu'est cela ?

LA DUCHESSE

Cela, c'est le bourreau !

Tu comprends, n'est-ce pas ?

(A Yesouf.)

Vite !...

YESOUF, hésitant.

LA DUCHESSE

Duchesse.

Achève !

ye la laisse pas fuir !

STELLA

Ce n'est donc pas un rêve !

(Elle se jette â gênons.)

O mon Dieu, j'ai vingt ans. . . Finir ainsi mes jours !. . . Non, non, je ne peux pas.... A l'aide !.... A mon secours !....

(Elle se tord aux pieds de la Duchesse.)

O madame, madame, au moins pas tout de suite ! Accordez-moi deux jours, un jour. . .

LA DUCHESSE, la repoussant.

Non ! meurs, maudite !...

STELLA

Ah !...

LA DUCHESSE

Yesoiif, obéis !. . . Prends-la par les cheveux. , Cette tête, entends-tu . . .

YESOUF, suppliant.

Madame. . .

LA DUCHESSE

Je la veux ! . .

YESOUF, résigne.

Allons !

STELLA, râlant.

Ah ! Dieu du ciel, à moi !. . .

LA DUCHESSE, avec un geste impérieux.

Je veux sa tête !...

(Stella se réfugie dans l'alcôve, où Yesouf la suit en emportant le flambeau; l'obscurité se fait sur la scène ; on entend un cri terrible.)

STELLA Ah !...

LA DUCHESSE, la figure cachée dans ses deux mains.

Ah ! je ne veux plus. . . Non, non, Yesouf, arrête '.

YESOUF, soulevant le rideau de l'alcôve.

Madame, il est trop tard . . . C'est fait !

LA DUCHESSE

Trop tard, fuyons !...

Fuyons, je suis damnée !. . .

(On voit sortir Yesouf de l'alcôve en dissimulant quelque chose 30U3 son burnous ; la Duchesse et lui sortent précipitamment par le fond.)

S C E >»' E Y 11 PIETEO, puis LA PATROUILLE

PIETRO, seul, en dehors.

Allons, allons, voyons !. . .

(II entre. Scène muette. Nuit. Musique en sourdine. Il entre à tâtons.)

Point de lumière ici. Ah ! bon, dans cette alcôve, Une lueur enfin !. . . Bravo ! l'affaire est sauve. . .

(II met la main aux rideaux.)

Stella, c'est moi, Piétro !. . . Voyons, sœur, es-tu 1;\ ?. . . Yas-tu répondre enfin ! . . . Où donc es-tu, Stell . . .

(Il pénètre dans l'alcôve, en tirant les rideaux, ce qui éclaire la scène ; puis il sort tout effaré, tournoie sur lui-même, les bras étendus, la figure convulsée d'épouvante, et s'en vient tomber comme une masse au milieu de la scène avec un hurlement effroyable.)

Ah !...

(La patrouille apparaît au fond.)

RIDEAU

Page 1