SCENE IV LA DUCHESSE, puis BEKXARDO
LA DUCHESSE, seule et très accablée.
Ah ! oui, du bruit, du bruit, Pour étouffer ce râle affreux qui me poursuit î . . . Mes yeux épouvantés croient, en tout ce qui bouge, Voir dans l'ombre émerger quelque fantôme rouge, Quelque spectre livide au geste menaçant. . . Oh ! sur mon front, sentir ce sang, toujours ce sang, En stigmate éternel, en tache indélébile !. . . Je le hais maintenant ce monstre de Kabyle, Cet écumeur de mer, ce rebut d'échafaud ! . . . Et pourtant il me faut lui parler. . . il le faut !
(Elle sonne et Bernardo apparaît).
Bernardo, prévenez Yesouf que je le mande.
EERXAJRDO, sortant, h part.
Voilà ! . . . Comment veut-on que la brute s'amende !
(Il sort.) LA DUCHESSE, seule.
Mais comment lui parler ! . . . Pourrai-je seulement Sans faiblir supporter sa vue ?. . . Oh ! quel tourment ! Voilà ce battement de cœur qui recommence !. . . Quand donc viendra la fin, la mort ou la démence ? . . . Un cachot souterrain sans air et sans soleil ! Tout ! j'accepterais tout, pour un peu de sommeil ! . . .
(Yesouf paraît et s'arrête sur le seuil).