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EXTRAIT DES REGISTRES DU CONSEIL D'ETAT

Louis, etc.... Nos chers et bien amez les capitaines et chevaliers de la compagnie du jeu de l'arquebuse de notre bonne ville d'Epernay nous ont fait représenter qu'ils ont été établis en notre dite ville par lettres patentes du roy Henri III du mois de juillet 1581 (1), confirmées par LouisXIII

(1) L'arquebuse d'Epernay a été érigée en 1508, sous Louis XII, (consultez les statuts) sous la protection de Franrois, duc de Valois, seigneur d'Epernay, depuis roy de France, avec ses livrées bleu et blanc. Voyez Rabelais.

en may 1611, nous ont fait supplier de leur accorder nos lettres de confirmation.

Pour ces causes, et voulant les engager à continuer le jeu de l'arquebuse, aQn de les entretenir dans le service des armes, et de les rendre capables de nous servir dans nos armées, et défendre leur patrie. Vu les lettres patentes du mois de may 1611, nous maintenons, confirmons etautorisons dans le droit et possession où ils sont de faire l'exercice militaire du jeu de l'arquebuse dans notre ville d'Epcrnay, et en tant que besoin est ou seroit, nous, de nouveau leur concédons, permettons et accordons le droit et la faculté de faire ledit exercice conformément aux dites lettres patentes de may 1611.

En conséquence de tirer par chacun an, au jour delà Pentecôte, l'oiseau ou Papegault, voulons que celui qui abattra ledit oiseau et Papegault d'un coup d'arquebuse, puisse prendre pendant un an la qualité de roy de l'oiseau, cl de notre môme grâce et autorité que dessus, nous l'avons affranchi et exempté, ou son père, s'il n'est pas marié, de toutes tailles, taillons, subsistances, aydes et autres droits, généralement quelconques, qui se lèveront en notre dite ville pour ladite année seulement, pendant laquelle il aura tous les honneurs de ladite compagnie suivant ses anciens statuts et règlements.

Voulons que celui de ladite compagnie tant présent qu'à venir, qui est ou sera élu capitaine d'icelle, soit pareillement exempt ou déchargé, sa vie durant, comme nous exemptons et déchargeons par ces présentes de toutes tailles, taillons, aydes, subsistances et autres droits semblables à ceux dont nous exemptons ledit roy de l'oiseau....

Permettons en outre à ladite compagnie des chevaliers de l'arquebuse de chasser et de tirer l'arquebuse sur les loups dans le territoire de notre dite ville d'Epernay seulement.

Et d'autant qu'en l'année 1712 il est survenu quelque contestation, entre le maire et ladite compagnie, au sujet de leurs prérogatives, fonlions, prééminences respectives dont nous chargeâmes ledit l'Escalopier de prendre connaissance, et qu'en conséquence le sieur Parvillers, auroitfait convenir les parties d'un règlement signé d'elles le 25 octobre 1712, nous voulons que ledit acte cy-attaché avec Iesdites lettres patentes du mois de may 1611, sous le contrescel de notre chancellerie, que nous approuvons par ces présentes, soit observé et exécuté dans toutes les occasions, tant par les maire et échevins et officiers de ville, que par Jcsdils chevaliers et officiers de l'arquebuse et leurs successeurs, tout ainsi et de mémo que si ledit règlement étoit émané de notre autorité, sans qu'il puisse y être contrevenu sous quelque

cause et prétexte que ce so : t Car tel est notre plaisir.

Scellé du grand sceau de cire verte Donné à Versailles,

l'an de grâce au mois de mars 1714 et de notre règne le 7K Signé Louis. Sur le replis, Colbert.

Du 7 aoust 1716. — Gilles Desmaretz remercié par une assemblée de notables, attendu son peu d'assiduité et que les pères sont obligés d'envoyer leurs enfants hors de la ville.

Ordonné qu'il vuidera la maison du collège à la Saint- Martin et qu'il ne jouira des privilèges à lui accordés que jusqu'à ce temps.

19 septembre 1716. — Préparatifs pour la réception de Mgr Roger Bruslart, chevalier, marquis dePuisieulx, Sillery, etc., lieutenant-général des armées du roy, chevalier de ses ordres, ci-devant ambassadeur de S. M. vers les cantons Suisses, conseiller d'Etat d'épée, gouverneur de Huningue, etc., lequel doit descendre chez M« Adam Bertin du Rochcret, conseiller du roy, ci-devant président du grenier-a-sel d'Epernay.

Ordonné que les compagnies de bourgeoisie, leurs chefs à

leur tête, se trouveront en armes devant l'hostel de ville, et que les officiers du conseil de ville se trouveront à leur tête pour aller complimenter Son Excellence sur l'honneur qu'elle fait à la ville. Ensuite l'iroient complimenter sur son arrivée, chez ledit sieur Bertin du Rocheret, lui présenter le vin de la ville, et qu'il lui seroit envoyé cent flacons du meilleur en son château de Sillery, et la dépense de son équipage qui logera à l'Ecu, arrêtée par le syndic et par lui payée pour lui en être tenu compte en rapportant les quittances.

Et le lendemain, 20 septembre 1716, lesdils officiers en corps à la tête des compagnies bourgeoises ont reçu ledit seigneur à )a porte de Chàlons, et de là chez ledit sieur Bertin du Rocheret, les vallets de ville, portant le vin du présent. Ordonné aux capitaines, lieutenants des compagnies bourgeoises, de poser la garde nuit et jour à la porte de la chambre où couche ledit seigneur, et a la porte de la maison dudit sieur Bertin du Rocheret, où il est descendu, et ce jusqu'à son départ.

27 décembre 1716. — Gilles Desmaretz, maître écrivain, rétabli et confirmé dans ses fonctions aux instances de Mgr le marquis de Puisieulx, qui auroit demandé au conseil de ville, lorsqu'il l'alla saluer, son rétablissement; Son Exc. l'ayant elle-même exhorté à s'acquitter avec plus d'attention de ses devoirs, et même, le lendemain, l'ayant honoré de sa présence en visitant ses écoles, comme elle avoit fait des couvents, communautés, collège, hôpital, arquebuse. En considération dudit seigneur, et pour les obligations qu'a la ville à Son Excellence, les actes du conseil précédemment faits par le sieur du Lubre, maire, et par les notables, le 7 aoust dernier, portant la destitution, révoqués.

Du 11 avril 1717. — Le conseil de ville assemblé en la manière ordinaire, où les principaux et notables de la ville se sont trouvés, à la diligence de M« Lochet, syndic, pour résoudre au sujet d'un prédicateur que la ville a coutume

d'avoir pour prêcher durant l'octave du Saint-Sacrement dans la paroisse de celte ville.

Sur quoi a été arrêté d'unanime voix que S. Exc. Monseigneur l'archevêque, duc de Reims, seroit très-humblement supplié au nom de la ville de vouloir accorder, pour prêcher durant ledit octave, le R. P. Brunot, capucin du couvent de Reims, qui a prêché pendant le temps de Carême en ladite paroisse. Lequel, par sa doctrine orthodoxe, et par la conduite et sobriété tout apostolique et tout édifiante, et ses prédications pleines de l'onction de l'Esprit divin, lui ont attiré un si grand nombre d'auditeurs, de toutes conditions, âges et sexes, qu'il n'y a mémoire d'homme qui puisse se souvenir d'un pareil concours ni d'autant de progrès qu'il a faits, en ramenant avec douceur et sagesse au sacrement de pénitence et d'eucharistie une infinité de gens, que en étoient éloignés depuis des temps considérables. Espérant que, si Son Excellence a la bonté de le leur accorder, ledit R. P. Brunot, dans cette petite station, parachèvera l'ouvrage qu'il a commencé.

Du 2 avril 1720. — Gilles Desmarctz, maître écrivain, étant décédé, Claude Soucieux, maître écrivain juré de Paris, demeurant «i Chàlons, s'est présenté, et l'on a reçu la plainte de M. Jean Geoffroy, administrateur du collège contre les deux régents, qui ne donnoient point de temps suffisant à leurs classes, et n'avoient aucune heure certaine, manquoient à dire la messe les dimanches et fête audit collège ; qu'ils se retiroient dans leurs chambres dans le temps des classes et du travail des écoliers, donnoient de trop fréquents congés.

Assemblé générale du 7 avril 1720.

Claude Soucieux, reçu maître écrivain d'Epernay, logé dans le vieux collège en attendant qu'on puisse le mettre dans le nouveau à 150 livres d'appointements, exempt de

tailles, logements de gens de guerre, ustancilles et autres charges publiques, à condition qu'il ne pourra exiger des écoliers qui iront chez lui que 10 sols par mois pour ceux qui apprendront à lire seulement;

20 sols par mois pour ceux qui apprendront à lire, à écrire et l'arithmétique;

30 sols par mois, pour ceux qui, en outre, apprendront le latin.

2 mars 1721. — Les échevins et syndics autorisés à faire planter des arbres dans le contour de la ville pour l'ornement et embellissement d'icelle, d en faire la dépense convenable qui sera allouée au compte dudit syndic, et, de la main du sieur président Berlin du Rocherct, est ajouté : à condition toutes fois que ladite dépense ne pourra excéder la somme de cinquante livres par chacun an.

Du 11 juin 1721. — Le sieur de la Faux, syndic, suivant le droit de la ville et conjointement avec les échevins, ayant nommé le P. de la Hante, minime pour prêcher l'octave du Saint-Sacrement, un nommé le P. Blervache, cordelier, muni d'un pouvoir de M. l'abbé de Londève, grand-vicaire de Reims, est venu. Le P. Thomas Mencssier, chanoine régulier, prieur et curé de la paroisse, ayant été averti dès le premier juin, jour de la Pentecôte, par ledit syndic que ledit P. de la Hante s'étoit préparé à cet effet.

Arrêté que le sieur Bcrtin du Rocherct, président, et la Faux, syndic, iroient trouver le cordelier pour le prier de se retirer, et où il en feroit refus, qu'ils se feroient accompagner par deux notaires pour nolilier audit sieur Prieur, curé d'Epernay, que la ville a choisi ledit P. de la Hante, minime, et que la prétendue nomination du grand-vicaire ne pourra nuire à la possession immémoriale de la ville de se choisir un prédicateur. Lesquelles protestations et déclarations seront aussi faites audit P. cordelier.

Du 14 juin 1721. — Lcsditcs significations et protestations ayant été faites, comme ci-dessus, tant audit sieur curé qu'au P. cordelier, ledit sieur Prieur, curé, a remis entre les mains du syndic une lettre dudit sieur abbé de Landcve, grand- vicaire, par laquelle il déclare qu'il n'a point entendu préjudicicraux droits et à la possession, dans laquelle est la ville, de nommer un prédicateur pour l'octave du Saint-Sacrement, dans l'église de la paroisse, et que le droit de la ville ne souffrira pas de la nomination qu'il a faite du P. cordelier, et restera pour la suite dans son entier.

Sur quoi le conseil a arrêté qu'il sera sursis à toutes poursuites et sans cependant approuver la nomination faite

dudit cordelier, contre laquelle la ville se réserve tous ses droits, noms, raisons, actions.

27 juin 1722. — Les sieurs Quatrc-Sous et Chertemps iront saluer M. le marquis de Puisieulx, nommé au gouvernement de la ville d'Epcrnay, pour le complimenter de son mariage avec Mademoiselle de Souvré et lui porter un panier de cent flacons de vin.

20 octobre. — Députés nommés pour aller à Reims au roy, à cause de son sacre, et rendre les respects dus à S. M. et à S. A. R. Mgr le duc d'Orléans régent, rendront les devoirs à Son Em. M. le cardinal Dubois, premier ministre, et verront les seigneurs qu'ils jugeront à propos:

Alexandre-Firmin de Lattre, seigneur, Daubigny, président, lieutenant-général du bailliage.

Philippc-Valentin Berlin, sieur du Rocherct, président de l'élection, ancien échevin.

Nicolas Quatre-Sous, conseiller en l'élection, échevin en charge.

Lesquels députés verront et iront présenter les respects de la ville à S. A. Mgr le prince de Turenne, en l'absence de M. le duc de Bouillon, son père, seigneur d'Epcrnay, et lui

feront les présents de la ville, (gibier, truites et autres poissons); et sera, à cet effet, conduit en ladite ville de Reims, un pagnierde 100 flacons du meilleur.

Juin 1725. — On fit des prières publiques pour avoir du beau temps, les pluies étant continuelles depuis prés de deux mois. Corvées au pont de la Marne et au goulet d'Ay pour prévenir le débordement, et le bled vendu 4 livres 6 sols le boisseau. On les recommença au commencement du mois de septembre suivant, les pluies ayant continué avec tant d'abondance que la Marne étoit répandue, les eaux passant par dessus la chaussée de Dizy. Les pluies ont commencé dès le mois d'avril, et ont continué pendant dix mois, ce qui a produit du très-mauvais vin de la récolte de 1725, et tellement gâté les vignes, que, malgré la quantité qui paraissoità la montre, on n'a presque rien recueilli en 1725.

Cela a fait extrêmement enchérir les bleds qui seront vendus jusqu'à 4 livres 10 sols le boisseau d'Epernay. Ce qui contribua à les tenir chers, furent les magasins que l'on ordonna en être remplis à Chàions, dont on les amenoil même de Courthiésy et de Comblisy, dans la vue, disoit-on de les faire voiturer à Paris pour la provision de la ville.

Cependant on a établi la perception du cinquantième sur tous les fruits de la terre en espèces ; et, pour en faire monter les adjudications, on a ordonné une levée de 6000 hommes de milices, qui a été tirée à la fm d'avril 1726. Epernay entre autres a fourni 15 hommes, Ay 12 hommos, en sorte que, dans toute mon élection, nous en avions 180. Et les adjudicataires du cinquantième en étoient exempts pour tous leurs enfants, ce qui a fait monter si haut le cinquantième qu'en quelques paroisses, les adjudicataires en rendoient plus que ne produit la dixme.

Et dès le deuxième may 1726, les corvées ont commencé par les chemins. On commença à Epernay par la montagne

du moulin à vent de Mardeuil, qu'on diminue de plus de trente pieds de hauteur, les travaux sont immenses et d'autant plus onéreux au peuple, qu'on ne fournissoit pas môme le pain à ceux qui y étoient employés. {Note de Berlin du Rocheret).

3 aoust 1725. — Quatre douzaines de bouteilles présentées à M. le duc d'Orléans, allant épouser la reyne Marie Leczinski, et la bourgeoisie sous les armes pour le recevoir.

Le 4 juillet 1730, nous fûmes préservés d'une affreuse grêle, qui vint de Normandie, foudroya les vignes et terres de Paris, du côté d'Argenteuil, vers le midi, enfla les ruisseaux de Château-Thierry jusqu'à trente pieds de large, qui n'étoient que de deux ou trois au plus, ruina l'abbaye de Valiccret, le château Prion à M. le comte de Chéry, cassa les vitres, tuiles et ardoises de Reims, où elle Otun dommage de cent mille écus. Nous la vîmes de loin, vers les quatre heures du soir. Le Rclhélois fut abîmé jusqu'aux frontières. On a eu avis de Vienne, en Autriche, qu'elle y avait fait un pareil dégât le lendemain 5 juillet.

Dans ce mois, j'ai fait fondre les vieux bâtiments du nouveau collège, et ai fait faire la cour du maître écrivain, (c'étoit alors Claude Soucieux, maître ès-arts), et construire une grande classe à côté de la porte en entrant à gauche, parallèle à la petite clause bâtie quelques années auparavant.

M. Adrien de Hannivcl, de Rouvroy, chanoine régulier,' prieur de l'abbaye et curé de la paroisse d'Epernay, fit rebâtir la maison claustralle. J'ai remarqué dans les fondements des anciens petits caveaux de plâtres dans lesquels on mettoit autrefois les corps des religieux. Ces caveaux sont en forme de gueulles de four à droite et à gauche des nouveaux fondements.

Ce prieur était un gentilhomme de bonne maison en Nor-

mandie, qui avoit été, quelques années auparavant, simple chanoine régulier d'Epernay, où il se fit grand directeur des consciences de plusieurs jeunes demoiselles d'Epernay. Il en sorlit pour être curé de Chamery, en la montagne de Reims, qu'il quitta pour être sous-prieur de l'abbaye de Saint-Denis de Reims, d'où il parvint à la cure d'Epernay. 11 n'eut pas assez de force pour réprimer les déportements de ses religieux. L'un d'eux, nommé le Père de Chcpy, fut condamné par les supérieurs à la pénitence et môme à l'habit séculier pour commerce plus que scandaleux. Le prieur, mandé, le 10 novembre 1730, à Reims, fut envoyé à Gravillc, prés de sa sœur, en Normandie, et peu après simple religieux à Genelon, en Bretagne.

Le Père Nicolas de Brie, prieur et curé après lui, n'arriva qu'en janvier 1731, et continua la réédification delà maison, dont on supprima le cloître dans lequel se faisoienl plusieurs processions pendant l'année. (Note de Berlin du Rocherct).

Du dimanche 24 janvier 1734. — Te Deum chanté en l'Eglise Notre-Dame et feu de joie allumé en la place pour la prise de Pizzighitone, en Milanois, par l'armée du roy, commandée par le roy de Sardaignc, et le maréchal de Villars, maréchal général des camps des armées du roy.

Enregistrement requis par les capitaines et chevaliers de l'arquebuse d'Epernay.

Le prince de Rohan, duc et pair de France, gouverneur de Champagne et Brie.

Vu la délibération de la Compagnie des Chevaliers de l'arquebuse d'Epernay, assemblée en exécution d'une ordonnance que nous avons dressée a M. Daubigny, président, lieutenant-général du bailliage et maire de ladite ville, pour faire nommer les officiers de ladite compagnie ; par laquelle délibération les sieurs Allan, Parchappc et de la Molle ont été unanimement nommés, savoir : le S* Allan,

capitaine en chef, le S* Parchappe, lieutenant, le S* de la Moite, enseigne ; nous approuvons ladite nomination ; ordonnons aux S« maire et éclievins de faire jouir lesdits S" Allan, Parchappe et de la Motte, des droits, privilèges et immunités attachés à leurs emplois ; aux officiers de ladite compagnie, de les reconnaître en leurs qualités, et à tous les chevaliers, de leur obéir et entendre, en tout ce qui concerne la subordination, les exercices et les intérêts de ladite compagnie. En foi de quoi, nous avons signé le présent brevet de notre main, fait apposer a icelui le sceau ordinaire de nos armes, et fait contresigner par le secrétaire de nos commandements à Paris en notre hostel, ce quinze janvier 1734. Signé Hercule de Rouan, et, par Son Altesse, La Motte. •

« Du mars 1735. — Claude Soucieux, maître écrivain étant attaqué de la pierre, l'administrateur du collège en recette autorisé à lui avancer un quartier pour aider aux dépenses d'un voyage à Paris pour se faire tailler.

24 aoust 1737. — François Parchappe, de Vinay, escuyer, grand-bailly de Chàlons, chevalier de Saint-Louis, capitaine commandant le second bataillon du régiment de Picardie, présente la commission de la charge de lieutenant du roy au gouvernement d'Epernay, en remplacement du S' de . Tincourt, son frère, décédé.

25 février 1740. — Disette, cherté du bled, plus de 200 personnes manquent de pain.

Arrêté qu'il en sera fait un rôle, qu'il sera acheté du bled et fourni une livre de pain par jour à chaque bouche jusqu'au temps des ouvrages, et pour ce qu'on quêtera chez les honnêtes gens.

Du 13 novembre 1740. — Mathieu Camus, maitre écrivain destitué en présente, et on reçoit à sa place un clerc tonsuré, de Reims, qui rapporte des certiOcats de capacité des plus distingués de ladite ville de Reims, même des grands vicaires.

Nota. — Que ce clerc prétendu n'est pas nommé ; son nom en blanc. Comment ces personnes distinguées de Reims ou ces grands vicaires ont-ils pu certifier la capacité d'un inconnu ? Comment a-t-on pu recevoir un fantôme sans lire ces certificats ?

Et pourquoi en faire mention de ces certificats imaginaires?

Signé de Lattre, Collet.

4 décembre 1740. — La misère est augmentée par la cherté des grains et des denrées, par l'entière cessation des travaux à cause de la mauvaise saison, par le défaut de vente des vins, à cause de leur mauvaise qualité, ce qui met les plus aisés hors d'état de faire de nouveaux efforts.

12 décembre 1740. — Adjudication du pain des pauvres, qui sera de pur froment, dans lequel entrera toute la farine, à l'exception du gros son, pour être distribué toutes les semaines à toute personne à qui le conseil de ville aura délivré des cartes pour en recevoir.

Philippe Bernot, boulanger, adjudicataire à 34 deniers la livre, et que le pain sera bien paitry, bien cuit, bien ressuyé.

Du 5 novembre 1741. — Assemblée générale convoquée de pot en pot, et au son de la cloche pour l'impôt du dixième rétabli par la déclaration du roy, du 29 aousl 1741, en exécution de la lettre missive de M. Charles-Etienne Le Pelletier de Beaupré, intendant, pour recevoir la déclaration des biens pour faire la visite et estimation des maisons de la ville et aller de porte en porte, et estimer le produit des vignes.

Assemblée générale du dimanche 19 avril 1744.

Alexandre Firmin De Lattre, seigneur d'Aubigny, président, lieutenant-général, commissaire en cette partie.

Valentin-Philippe Berlin du Rocheret, lieutenant criminel au bailliage, président de l'élection.

Charles-Toussaint Allan, prévôt de la ville, procureur du roy en l'élection.

Pierre Le Gendre, avocat, échevin, receveur des consignations.

Nicolas Coulon, procureur, notaire et substitut. Claude Moet, échevin, bourgeois, commissionnaire. Claude Stapart, avocat, conseiller de ville.

Jean Devillers, procureur et notaire, conseiller de ville. Antoine Chertemps, changeur du roy, conseiller de ville. Charles Savot, procureur, administrateur de l'hôpital. Nicolas Trémault, procureur, commissaire aux saisies réelles.

Jean-Baptiste-Louis Varnier, avocat et procureur. Jean Clouet, Joseph Charlier, Remy Hachette et autres habitans en grand nombre.

Les habitans ont été assignez à la requête du procureur du roy, en exécution de la commission des commissaires nommez par lettres patentes du roy, données a Versailles, le 27 juillet 1743, a comparoir en la ville de Vitry-le-François le 27 du présent mois, en l'assemblée des Etats de la province pour la révision et rédaction de l'art. XXI de la coutume de Vitry, et autres, qui peuvent y avoir rapport, et pour, par eux, y proposer les moyens qu'il appartiendra et représenter les titres.

Me Valentin-Philippe Bertin du Rocheret, conseiller du roy, lieutenant criminel au bailliage, président et grand voyer de l'élection, conseiller au conseil de cette ville, ancien échevin, unanimement nommé député par les habitans pour se transporter audit jour 27 avril présent mois, en ladite ville de Vitry, et assister pour et au nom des habitans, et soutenir que cette coutume a toujours été regardée comme une coutume d'allodialité et de franchise. Que, dans tout le i. 15

territoire de cette ville, il ne se paye que quelques censives particulières sur quelques maisons et héritages, et que tous les autres sont francs ; que, par l'échange de Sedan et de Raucourt contre le duché de Château-Thierry, la seigneurie de Chatillon et la chatellenie d'Epernay, entre le roy et M. le duc de Bouillon, le roy lui-même a reconnu cette franchise, puisque, par le procez-verbal d'évaluation, qui a été fait desdits duché, seigneurie et chàtellenie, les commissaires n'ont évalué que quelques censives particulières, après avoir fait la recherche de celles qui étoient dues au roy. Et que, depuis l'échange, M. le duc de Bouillon, qui est aux droits du roy, n'a prétendu d'autres censives que celles qui lui ont été évaluées, justifiées et relatives aux anciens comptes du domaine de la ville.

Ce qui a été accepté par ledit S r Bertin, et a déclaré ne rien prétendre pour ses honoraires et frais de voyage (1).

Du 6 juin 1745 , par devant M. Daubigny, lieutenantgénéral.

Guillaume Quatre-Sous de Partelaines, marguillier, avec Nicolas Trémault, représentent qu'ils viennent de faire paver proprement l'église, depuis le chœur, et devant les deux autels collatéraux, l'un de la paroisse, l'autre de la Vierge, et encore tout le long de la grande allée du milieu avec dépense et soins, pour être de durée. Mais que, si on continue à y enterrer les morts, cette utile réparation ne durera pas dix ans.

Pour quoi requéroient à ce qu'il fût fait défenses d'y enterrer à l'avenir ; mais que ceux, qui y ont droit de sépulture, seront inhumez dans les deux allées des bas-côtés de l'église.

A été reconnu que la représentation tend au bien et avan-

(1) Nous avons publié le Journal des Etats tenus à Vitry -le -François en 1744. I vol. in- 18. Martin, libraire-éditeur. Châlons, 1864.

tage de l'église. Qu'ainsi lesdits curé et marguilliers seront autorisez à refuser la sépulture à quiconque, dans rétendue de la nef du milieu, et dans l'espace, qui est entre et devant les deux autels de la paroisse et de la Vierge, et d'accorder seulement l'ouverture de la terre dans les deux bas-côtés de l'Eglise, en payant, par ceux qui voudront l'obtenir, le droit ordinaire de dix livres à la fabrique.

9 février 1749. —Louis Patenostre, marchand mercier, fait capitaine de la deuxième compagnie de la bourgeoisie aux mômes conditions, moyennant 300 livres qu'il a payées et a prêté serment de Qdélité au roy et d'obéissance à la ville. Il est natif de Loisv-en-Brie.

Thomas Le Roy, marchand drapier, fait major de toute la milice bourgeoise aux honneurs, privilèges, et exceptions attribués aux capitaine, lieutenant et enseignes des deux compagnies bourgeoises, qui sont : exemption de collecte, corvées, logement des gens de guerre, et aux mêmes conditions, moyennant 288 livres qu'il a payées.

C'est une création faite par le conseil de ville ; le titre du major de bourgeoisie fut imaginé lors de l'incursion du major général Growestein, en 1712, pour ce temps seulement. A la mort de l'avocat Petit, qui y étoit nommé, Nicolas Desmantins, ditBeaufort, qui avoit du service militaire s'ingéra de ranger la bourgeoisie lorsqu'elle étoit sous les armes, sans aucune nomination ni commission, et se mit en marche, la canne à la main, entre les capitaines et le lieutenant de la première compagnie, sans que personne s'y opposât, quittant ce rang pour parcourir au besoin dans les rangs des deux compagnies, et sans aucune attribution.

Quelques bourgeois fâchés d'avoir été prévenus par d'autres dans le remplacementà faire des officiers de ces compagnies, comme ci-dessus, MM. du Conseil imaginèrent de leur proposer à l'enchère la commission du major des deux compa-

gnies, aux agréments ci-énoncés, et réglèrent le rang de ce nouvel officier comme feu Beauffort l'avoit établi, à condition toutefois, qu'en aucun cas, le major nouvellement créé, puisse s'ingérer du commandement de la milice bourgeoise, attaché aux capitaines, et, par dévolution, aux lieutenant, enseignes, même sergeDts. En sorte que le major ne put jamais être le premier, mais toujours le second en toute occasion.

Ces arrangements proposés ainsi aux prétendants, Pierre Clouet, tailleur, offrit 150 livres de cette nouvelle commission. Ledit Le Roy couvrit son enchère de 200 livres. David Gilbert, tonnelier, gourmet, la porta à 10 louis de 24 livres valant 240 livres ; et ledit Le Roy y mit 12 louis valant 288 livres. Elle lui fut adjugée.

(Note de Berlin du Rocker et.)

Le 14 aoust 1749, à 9 heures et demie du matin, tout le bas-côté de l'église de Notre-Dame, depuis les fonts baptismaux jusqu'à la fausse porte de Saint-Martin, tomba de fond en comble, avec l'arcade qui joignoit la grande nef à ce mur du nord ; en sorte que si ce désastre fût arrivé le lendemain à pareille heure qui eût été pendant la messe de paroisse, jour de l'Assomption, il y auroit eu deux mille personnes d'écrasées ou d'étouffées. Heureusement que la messe des moines n'étoit pas encore sonnée. Il n'y avoit encore dans l'église que trois personnes dont ma sœur et ma nièce qui n'eurent que la peur. {Note de Berlin du Rocheret.)

Du 12 aoust 1745. — Assemblée de notables et autres bourgeois en l'hôtel commun de la ville. Guy-Louis Poulain de Vaujoye, avocat au parlement, commissaire nommé par Mgr l'intendant de Champagne, pour l'établissement de la taille proportionnelle de la ville d'Epernay.

MM. Philippe Collet, procureur du roy, Pierre Le Gendre, échevin en charge,

Députez à Chàlons pour y supplier Mgr Le Peletier de Beaupré, intendant, de trouver bon que la répartition des tailles de cette ville continue à se faire au bureau et par MM. les président et officiers de l'élection d'Epernay, comme ils l'ont bien voulu faire depuis nombre d'années, avec une très-grande exactitude et à l'avantage de tous les habitans.

Que si on établissoit la taille proportionnelle, il en résulterait un abus considérable. Que la variation qui se trouve dans le produit des biens et dans le commerce de cette ville, est un obstacle invincible pour pouvoir établir sur des principes certains une taille proportionnelle.

Que plusieurs des habitans, qui ne subsistent et ne soutiennent leurs familles et leurs caractères que sur une certaine réputation qu'ils ont dans le monde d'êlreà leur aise, se trouveraient exposez à perdre leur fortune, leur crédit et rétablissement de leur famille, s'ils étoient astreints à découvrir et rendre publics leur état et leurs dettes, chez aucun desquels elles excèdent leur bien.

Que si, d'un autre côté, ceux, qui se trouvent dans le cas d'être chargez de dettes, ne les déclarent pas dans la crainte qu'ils auraient de perdre leur crédit et de nuire a l'établissement de leur famille, ils seraient dans le cas de payer des impositions au-dessus de leurs forces, ce qui les réduirait dans un état contraire à l'esprit du tarif.

Que la plupart de ces considérations ne se rencontrent point dans les paroisses de la campagne, où toutes les conditions sont presque égales, ou bien que dans les villes, telles qu'Epernay, où les conditions sont très-différentes, on ne pourrait prendre un point fixe pour l'estimation du produit des biens, particulièrement des vignes, qui en font le principal objet, parce que les uns les font valoir et les cultivent par eux-mêmes, et les autres sont obligez de faire des dépenses immenses pour les entretenir, joint que le revenu

qu'ils en peuvent tirer est des plus casuels, et cependant leur seule ressource pour se soutenir et donner a leurs enfants une éducation nécessaire, qui souvent les réduit dans un état plus triste et plus languissant que ceux qui font valoir leurs biens par eux-mêmes.

Que si les biens d'un homme chargé de l'éducation de plusieurs enfants, et qui a un état à soutenir, étoient taxez sur le même pied que ceux d'un artisan, dont l'état est différent, le premier seroit beaucoup plus fatigué que le second, ce qui seroit encore contraire à l'esprit du tarif.

14 décembre 1749. — Promenade établie à la porte de Chàlons. On a razé un ravelin de gazon qui éloit un bel ouvrage de fortification, qui cou vroit la porte, et on a comblé le fossé, qui servoit jadis de jeu aux arquiers. C'était une compagnie de vignerons, sous la protection de Saint-Sébastien, dont je leur ai vu célébrer solennellement la fête, le 20 janvier de chaque année. Il y avoit deux buttes de charpente et de maçonnerie dans lesquelles ils s'exerçaient à tirer de l'arc, d'un bout à l'autre du fossé, dans deux pontons qu'ils y posaient. Ils tiroient aussi leur papegault tous les ans, avec fifres et tambour, comme les arquebuziers et les fusiliers.

L'ouvrage dirigé par le S r Legendre, ingénieur de la province, nommé par M. Caze de la Bove, intendant de Champagne, qui a fait fournir les arbres.

Les nobles, magistrats, officiers militaires de robe et de chez le roy, et tout ce qu'on appelle honnêtes gens, se sont cotisez, ont fourni leurs chevaux et leurs domestiques, se sont fait un plaisir d'être eux-mêmes les piqueurs de ces travaux, se relevant deux ensemble d'heure en heure, depuis le matin jusqu'au soir, malgré la rigueur de la saison, et les dames donnaient, tous les matins, l'eau-de-vie aux travailleurs,

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