ÇON
« Je crois devoir avoir l'honneur de vous instruire que la ville d'Alençon vient aussi d'établir un Comité aussi bien composé qu'il le pouvoit être, vu que la crainte de déplaire à des gens dont on pouvoit craindre le regret de n'y être pas admis, a forcé de le rendre plus nombreux, que sans douLe il auroit du être pour une ville aussi peu peuplée que celle-ci.
« La première occupation de l'Assemblée a été d'assurer la perception des droits d'entrée; elle n'a pas négbgé ce qui pouvoit lui procurer des grains, objet d'autant olus intéressant pour elle que la province en fournit peu, et que le M;ùne d'où jusqu'à présent nous Pavons tiré, semble nous le refuser aujourd'hui. L'inquiétude des habitants de cetie province voisine de la nôtre, les porte à s'opposer à la sortie des grains, quoiqu'elle en ait encore une grande quantité de l'année dernière et que celle-ci ait été pour elle très abondante. Il seroit bien à désirer, Monsieur, que l'administration trouvai des moyens de calmer des inquiétudes aussi déplacées et d'obtenir des habitants du Maine de souffrir l'exploitation des grains dont ils ont un superflu et dont, par la nature de notre sol, nous manquons ici. »
Décret du Comité national d'Alençon portant fixation du prix des bois des forêts dans l'étenduede la maîtrise.
17 septembre 1789.
Le comte de Puisaye député, de la noblesse du Perche est nommé membre de la commission du département du roi, de la reine et des princes.
18 septembre 1789.
Goupil de Préfeln propose de nommer une commission de soixante membres pour examiner la réponse du roi et en faire un rapport à l'Asspmb'.ée 11 demande que jusque là toute discussion soit suspendue sur cet objet. L'orateur ayant dit que, pour que personne ne se plaignît, il était bon de choisir les commissaires dans chacun des trois ordres et proportionnellement au nombre de chacun , s'attira une rude interpellation de Mirabeau qui demanda que la censure fût prononcée contre lui, pour avoir rappelé la distinction des ordres que l'Assemblée avait abolie. Goupil de Préfeln demanda à s'expliquer, désavoua l'expression impropre dont il s'était servi et ajouta qu'il souhaitait à Mirabeau de ne jamais en laisser échapper aucune. Celt^ saillie fut beaucoup applaudie, mais la proposition du préopinant fut combattue. Elle fut reprise sous forme d'amendement par Camus.
20 septembre 1789.
Opinion de l'Intendant sur le candidat aux fonctions de maire dans la ville de conghes
« Le seul homme dans la ville de Conches en état d'y remplir les fonctions de maire, est M. Le Gendre, lieutenant-général du bailliage. Par l'intégrité avec laquelle il remplit ses fonctions, il s'est mérité la confiance et la considération, je dirai même, le respect non-seulement de sa ville, mais de tout son bailliage. C'est par l'influence qu'il a sur tous les esprits qu'il a su arrêter les excès auxquels paroissoit vouloir se porter le peuple, dans ces derniers temps de cherté des grains. Sans troupe pour y soutenir l'autorité, avec une seule brigade de maréchaussée, il a su prévenir toutes les violences. Si dans ce moment d'effervescence il a voulu se décharger d'une partie du poids de l'administration, je vois qu'il a moins consulté l'intérêt de ses concitoyens que sa tranquililé. Mais le public quia connu combien cet homme lui étoit nécessaire et qui n'a vu personne qui pût le remplacer, a jugé avec raison ne devoir pas se prêter à sa demande. Puisque M. Le Gendre consent M. de reprendre ses fonctions de maire, dont il n'eut jamais dû donner sa démission qu'au Roi, puisque c'est de Sa Majesté qu'il a sa place, je crois, M., que ce sera servir la ville, de rétablir cet officier dans la mairie. Le vœu public est bien marqué par son refus de proposer d'autres sujets pour remplacer le sieur Le Gendre. »
21 septembre 1789.
Instruction commencée pnr le Comité national d'A'ençon contre deux meuniers trouvés chargés de onze sommes de grains.
ti septembre 1789.
Acceptation par le Comité national d'Alençon, de la somme de '2a 0 livres, offerte par MM. Laveflle des Cours, négociant, et Thomas des Chesnes, directeur des Domaines, pour l'approvisionnement de la ville.
Cette somme jointe à celle de 1200 livres, fut remise à M. Bjsile, envoyé à Chàteauneuf-en- Thimeraia et aux environs pour y acheter des grains.
24 septembre 1789.
Arrêté du Comité national d'Alençon
« Le Comité qui a fait acheter à Châteauneuf par ses députés H 6 sacs de blé qui sont sous la protection du Comité et de la Garde nationale de la dite ville de Châteauneuf, ayant fait partir ce matin sept voitures avec deux députés porteurs de recommandes pour le Comité de Châteauneuf et ceux des bourgs et villes de roule, et ayant prié M. le commandant de fournir une escorte de six dragons pour le convoi des dits blés, lesquels dragons sont partis pour
se rendre à Chàleauneuf, a considéré qu'il est prudent et même nécessaire de recourir aux forces de la maréchaussée, et même de faire partir des volontaires nationaux de la ville d'Alençon ; qu'il y a d'autant plus de nécessité de recourir à un renfort d'escorte que les blés que le Comité vient de faire acheter à Chartres lui ont été spoliés par le peuple, faute d'escorte, qu'il seroit douloureux de voir renouveler le même exemple par rapport aux blés de Chàleauneuf, dans une circonstance où la ville manque de blés et se trouve livrée à la plus affreuse disette.
« Eu conséquence arrête le Comité, que M. le commandant de la marécluussée sera incontinent prié, par lettres, de fournir douze cavaliers de maréchaussée, pris de brigade en brigade, et qu'il soit également donné à l'instant huit volontaires nationaux pour escorter avec la maréchaussée et les dragons déjà partis le convoi des d ts 116 sacs de blé, laquelle mesure a été arrêtée sur-le-champ, et les ordres donnés aux volontaires destinés pour l'accompagnement du dit convoi. »
De \'aux-Bidon\ Leconte de la Verrerie, J.-P. POLLARD, DES FONTAINES,
de Courdemanche, Duval. H. Desjardins, Duval l'aine, N irry. prêtre. DE LA DROURIE, DtJFOUA, DuFRI-
che-Desgenettes, La Chapelle, Duparc le Sage.
Renvoi a l'Intendant d'un mémoire adressé a l'Assemblée nationale par M. de l'hennevières de Saint-Denis.
Lo 27 septembre, l'Intendant adressa, à l'occasion de ce mémoire, les observations suivantes au comte de Saint-Priest :
« M. de Chenne viêres de Saint-Denis, dont vous m';.vez fait l'honneur de m'envoyer, le 24 du mois, la lettre et le mémoire adressés à l'Assemnalion^le, n'y fait, malheureusement peur lu , qu'un tableau trop vrai des violences qu'il m u,*rouvées de la part d'une bande de coquins qui non contents de brûler ses titres et de piller sa maison, lui auroient encore ôté !a vie, s'il n'étoit parvenu à s'échapper de leurs mains.
«J'ai déjà eu l'honneur, Monsieur, devous rendre compte de ces incursions qui se sont faites dans plusieurs châteaux. Quelques-uns des malheureux qui en ont été victimes, mais qui craigueant des nouveaux ex<és de la fureur deux et n'osant pas en conséquence rendre plainte en leurs noms, se sont contentés d'en instruire le grand prévôt et de lui indiquer des témoins à ftire entendre. On informe aujourd'hui contre les auteurs de pareils attentats de ce genre. M. de Saint-Denis devroit suivre la même marche, et si les auteurs de l'incursion qui s'est faite chez lui peuvent être chargés par les dépositions, la maréchaussée ne manquera pas de les arrêter. Déjà nombre de ceux qui ont commis les mêmes désordres^ sont aujourd'hui dans les prisons. Les procédures vont à la vérité lentement. Peut-être les juges craignent-ils de n'être pas les maîtres de l'exé-
cution de leurs jugements. Qui peut répondre en effet où se porteroit la fureur du peuple pour sauver des coupables de crimes avoués par la populace? J'ai l'honneur, Monsieur, de vous renvoyer la lettre et la mémoire de M. de Chenncvières de Saint-Denis. »
25 septembre 1789.
Information commencée par le Comité national de Mortagne, présidé par René-Noëî- Guillaume Soyer, doyen rural et curé de Mortagne, contre"Zacharie-François Visage, journalier, accusé d'avoir tenu la semaine précédente, daus la rue d'Alençon des propos séditieux tendant à exciter le peuple contre plusieurs citoyens. Visage avait pris part à des conciliabules secrets dans lesquels ou avait dit que « les choses n'iraient pas bien qu'il n'y eut quelques têtes de dérangées ». I! avait répété ces propos incendiaires. Trois affiches menaçantes, placardées dans la ville, existent dans le dossier. L'une est ainsi conçue :
« Tètes à sauter : Berteriau et Dentdevil, « Tousche,Ramber,Fraboulaid, Lange, notaire, « ses espions, tous voulans être officiers muni- « cipaux. »
Visage avait pris en outre une part active à l'insurrection du 23 juillet dans laquelle tous les papiers publics de Mortagne furent brûlés et où Ton commit toutes sortes d'excès. Le dossier de cette affaire existe aux Archives, série B.
2G septembre 1789.
RÉPARATIONS AUX PRISONS ET AU PALAIS D'ALEN- ÇON, ORDONNÉES PAR LA MUNICIPALITÉ.
Voici un extrait de la délibération :
« L'élévation de la pince, bien au-dessus du sol de la salle où la chapelle est pl^céo, y introduit dons les temps de pluie les eoux avec une telle abondance que souvent elle a été inhabitable. Il semble intéressant de remédier à cet inconvénient, surtout vu la proximité de l'iiyver ; il est d'autres menues réparations à faire, tant dans la salle du concierge du palais, laquelle a servi de corps de gnrde, dans d'autres appartements et sur les tours, pour empêcher la filtra lion des eaux; enfin les planchers qui sont sur le plafond de la grande salle d'audience sont absolument viciés, et une partie de ce plafond menace une ruine prochaine ; il est donc essentiel que les réparations soient faites. »
28 septembre 1789.
DÉCLARATION FAITE AU COMITÉ PAR DEUX BOULAN- GERS don;- les Voitures chargées de farine