TARAN, AU SUJET DE LA DISETTE
« Dans ioutes les différentes provinces on n'est pas également convaincu que les blés des anciennes récoltes soient en quantité suffisante pour alimenter tout le royaume jusqu'à la nouvelle moisson. L'inquiétude que l'on a eue à cet égard et qui est heureusement à peu près aujourd'hui dissipée dans ma généralité, était augmentée par la crainte que le froid excessif que nous avons éprouvé, n'ait fait périr en terre nos dernières semences.
« [I est vrai que je n'oserais pas répondre que, dans les villes où il est des manufactures établies, l'ouvrier dont le prix de la maind'œuvre ne suit pas toujours la progression de celui du grain, ne s'émeuve quelquefois lorsque dans les marchés il voit enlever des grains pour être portés ailleurs. »
1 4 février 1789.
Requête de Nicolas Maunoury, four nier, Citoyen d'Alençon, à la Commission intermédiaire de l'Assemblée provinciale, pour obtenir un secours à cause de sa nombreuse famille composée de dix enfants vivants, sur vingl-et-ua qu'il il eus.
17 février 1789.
Renvoi a l'Intendant d Alençon d'une lettre anonyme. adressée au directeur général, contre un homme soupçonné de faire des accaparements de blés.
Voici la réponse de l'intendant :
« Gomme on ne doit rien négliger sur un objet aussi intéressant, je vais la ire passer cette lettre à mon subdélégué à Bernay. Il connaît sûrement M. de la Folletière, que l'on dit avoir menacé de la potence l'inconnu qui était venu lui demander des blés, il pourra en savoir la vérité. »
18 février 1789.
RÉQUISITOIRE DES PROCUBEURSSYNDICS DE LA COMMIS = ION INTERMÉDIAIRE d'ÂRGENTAN, SUR LA NÉCESSITÉ DE VENIR AU SECOURS DE LA POPU- LATION PAUVRE QUI MANQUE DE TRAVAIL ET DE PAIN.
« MM. les procureurs-syndics ont dit :
« Que si une indigence cruelle et une misère extrême, causée par la rigueur d'un froid excessif, par la cher'é des blés et la cessation absolue des travaux ordinaires, ont excité quelques légers murmures et arraché quelques plaintes indiscrètes et quelques propos téméraires, il serait dangereux d'y donner trop d'importance dans les circonstances présentes. Que cette
disposition des esprits a été calmée sur-lechamp par les secours que le gouvernement a fait distribuer aux malheureux. Qu'on a vu avec satisfaction les citoyens aisés dé cette ville faire les plus grands efforts et concourir avec générosité à cet acte de bienfaisance. Cette ressource maintenant épuisée, on ne peut se dissimuler qu'il n'en resterait d'autre aux malheureux que dans leur désespoir, si on ne s'occupait incessamment de faire quelques établissements en faveur d'une foule d'ouvriers que le malheur des temps réduit sans travail et sans pain.
« Que nonobstant les précautions prises, de concert avec les officiers de police, pour empêcher l'abus du commerce des grains, leur prix a progressivement haussé jusqu'à ce jour.
« Que cette cherté sans doute affligeante pour toute la province fait singulièrement sentir ses plus fâcheux effets dans la ville d'Argentan où une population nombreuse n'est point en proportion avec le commerce, les manufactures et les travaux. Ils croient devoir renouveler auprès de ia Commission intermédiaire les instances déjà faites, pour obtenir du gouvernement des secours proportionnés aux besoins actuels. Que les circonstances présentes rendent insuffisante la somme précédemment demandée par le bureau pour former un établissement en cette ville, qu'ils estiment devoir être porté à la somme de 6.000 livres. »
20 février 1789.
Renvoi a l'Intendant d'Alencon du mémoire