‹ Éphémérides de la moyenne Normandie et du Perche en 1789Chapitre 8 sur 24 · MONTARAN. AU SUJET DES ÉMEUTES PROVOQUÉES PAR LA DISETTE · texte numérisé non relu

MONTARAN. AU SUJET DES ÉMEUTES PROVOQUÉES PAR LA DISETTE

J'ai déjà eu l'honneur de vous marquer le 26 du mois dernier qu'il y avait déjà, dans quelques marchés de ma province, de l'émotion à l'occasion du prix des grains. J'espérais qu'elle ne se renouvellerait pas ailleurs, mais

j'apprends aujourd'hui de différents côlés que le peuple fait la loi au Inboureur et fixe lui-même le pnx du bled dont le laboureur qui n'est pas le plus fort n'ose pas s'écarter.

« Le peuple à qui on a voulu faire entendre que cette violence éloignerait des marchés ceux qui en auraient à vendre, dit hautement qu'il les connaît et que s'ils n'en apportent pas, il en ira chercher chez eux.

a Malheureusement il n'y a point de troupes à lui opposer dans la province. J'instruis aujourd'hui de ces mouvements M. le duc de Beuvron qui y commande et j'ai l'honneur de lui proposer d'envoyer quelques détachements de cavalerie ou de dragons dans les lieux que je désigne pour y être le plus utile et d'où même, d'après la division que j'ai l'honneur de lui présenter, chacun pourrait facilement sans trop s'éloigner de son quartier, se transporter dans les marchés des environs au jour où il s'en tient. »

2 mars 1789.

Arrivée a Alencon des députés chargés de déposer entre les mains du lieutenant gé- NÉRAL lus Cahiers des paroisses et corporations du Bailliage d'Alencon.

4 mars 1789.

Envoï a M. deTolozan, par l'Intendant d'Alençon d'un projet d'arrêt rendu par le Conseil d'Etat pour assurer aux marchands et fabricants de toile d'Alknçon la jouissance

DE LA HaLLE-AUX-T0ILES. A L'EXCLUSION DU FERMIER QUI EN ABUSAIT ET QUI SE SERVAIT DE CE BATIMENT POUR D'AUTRES USAGES.

Depuis longtemps, il y avait contestation entre la commune d'Alençon et ce fermier qui tenait cette hallede Monsieur frère du Roi, en sa qualité d'apanagiste du duché d'Alençon : l'historique de la contestation se trouve exposée d'ans une autre lettre de l'intendant, très intéressante en date du 17 avril 1765, dont il est impossible de donner ici l'analyse.

Sa lettre du 4 mars 1789 nous fait connaître que le nombre des pièces de toiles portées à la halle était alors de 12 à 14.000 par an, ce qui à raison du droit de 2 sous par pièce produisait 12 à -1400 livres. Le devis des réparations dressé par l'ingénieur de la généralité montait à 1934 livres.

5 mars 1789.

Harangue du maire de Mortagne Le Bouyer de Saint Gervais, aux délégués des paroisses et des corporations. réunis pour la rédac- TION des Cahiers et la nomination des députés.

« Voici l'aurore d'un beau jour ; nous touchons à ce terme si désiré du peuple français

où la nation va pour ainsi dire, se régénérer... Vous êtes, Messieurs, les organes de vos com- 0)u nau lés ; chacun de vous a éîé juué aigrie de la défendre; et parut) choix, s'il était poss plus énuro, vous allez réduire encore le nombre du vos représentants. C'est de ce nomîDre que vont sortir ceux qui porteront au pied du trône votre vœu et vos représentations. »

Arrivée a Falaise du détachement de cin-

Ql'ANlE HOMMES DU RÉGIMENT DE DrAGONS- ChARTRES, ENVOYÉS POUR LE MAINTIEN DE

l'ordre.

Un autre détachement de cinquante dragons avait été envoyé à Argentan le 4 mars. JL/inleridant écrivit le 5 mars au duc de Beuvron pour lui exprimer le regret que ce dernier détachement qui avait passé par Alençon ne fut pas resté à Sées.

A Argentan et à Falaise le peuple s'était mutiné à l'occasion d'un établissement fait dans ces deux villes d'une nouvelle machine pour la filature du colon, et c'est ce qui avait* déterminé l'intendant à y envoyer ces détachements. Mais l'intendant fait remarquer que Je détachement destiné à Argentan aurait été mieux placé à Sées « où, dit-il, la police se fait très mal et où les marchés ne se passent jamais sans trouble. Le peuple qui craint toujours de manquer de blés, croit pris sur ses besoins le grain que les biâtiers y viennent acheter pour porter dans le voisinage, et, ces malheureux sont arrêtés à la porte de la ville lorsqu'ils en veuient sortir. On prétend

même que le lieutenant de police (Olivier de Blancpain), fort mauvaise tête et qui pense comme le peuple, autorise secrètement ces actes de violence qui n'auraient pas lieu s'il y avait quelques troupes dan? la ville. »

« D'ailleurs quoique jusqu'à présent les marchés d'Alençori aieut été assez tranquilles, je ne réponds pas que l'augmentation du prix des grains n'y donne lieu à quelque émotion, qui serait prévenue par la crainte qu'y aurait le peuple de voir arriver le détachement de Sées. Peut-être même. M. le duc. pourriez-vous ordonner au détachement qui serait à Sées de se transporter jeudi prochain, M de ce mois, à Alençon; c'est ie grand marché de la semaine. Quoique j'espère que celui-là ne sera pas plus troublé que les autres, néanmoins la présence de ce détachement, qu'on Annoncera revenir de temps en temp=. empêchera le peuple de se porter aux excès dans lesquels il s'est déjà laissé aller dans d'autres villes, ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le marquer par ma lettre du 26 du mois dernier. »

7 mars 17S9

Lettre de M. de Villedeuil a l'Intendant dWlençon relativement a l'envoi de troupes POUR réprimer les mouvements qui s'élèvent

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