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DANS LES MARCHÉS A L'OCCASION DU PRIX DES GRAINS

8 mars 17*9.

Réponse de l'Intendant a une dénonciation anonyme dans laquelle on signalait au ministre de prétendus accaparements faits aux environs de bornai.

€ L'auteur de cette lettre y dit avoir été instruit que des particuliers Irons portés chez M. de la Folleliére. gentilhomme de ce canton,

y avaient retenu 40 sacs de grains de trois cents livres, dont ils lui offrirent C0 livres, quoiqu'il n'en valût alors que 53. Il ajoute que ce gentilhomme, étonné du prix qu'on lui proposait, soupçonnant les gens qui le lui offraient de faire des magasins de bled, les chassa de chez lui en les menaçant de les faire arrêter comme des accapareurs de bled. Mon subdélégué à Bernai que j'avais chargé de vérifier ce fait a vu M. de 'o Folleliére qui l'a fort assuré que c'était une fable, que personne n'était venu chez lui pour lui demander des grains dont d'ailleurs il n'avait pas une provision assez considérable. »

9 mars 17S9.

Lettre de l'Intendant au Directeur général au sujet de l'acte arbitraire par lequel le sieur de La Fosse, lieutenant général du bailliage de Domfront, avait ordonné la destruction du four de Déleste, boulanger, fermier du moulin du domaine a domfrost.

« Le sieur La Fosse, homme très entêté et très despote dans son canton où il est craint,

a jusqu'ici d'autant plus insisté à soutenir son jugement, que toute la ville a réclamé en faveur de Delente qui jouit de la meilleure réputation, constatée par les certificats de tous les honnêtes gens. Le refus que fait aujourd'hui le sieur La Fosse de rendre à Delente la liberté de faire du pain n'est que l'effe1 de l'orgueil de cet officier, dont Delente est la victime, par la privation de son état. Vous ne parviendrez, Monsieur, à faire rendre justice à ce malheureux que par un arrêt du Conseil qui casse la sentence du juge de Domfront, à qui on devrait peut-être faire payer le dommage que souffre Delente en ne pouvant plus travailler et la perte qu'il a éprouvée par la destruction de son four. »

10 mars 1789.

Lettre de l'Intendant d'Alençon a M. de Villedeuil, au sujet i e l'assemblée des trois ordres pour l'élection des députés aux Etats généraux.

« Comptant bien que l'Assemblée qui doit se tenir le 16 de ce mois à Alençon y amènera un monde fort considérable, je me suis assuré, par les officiers du bailliage et les officiers municipaux, que tous les membres des trois ordres qui composeront à peu près mille personnes, trouveront aisément à se loger. Beaucoup sans doute n'y seront pas aussi commodément que chez eux ; mais je suis persuadé que tous feront aisément le sacrifice de leurs

petites commodités, si l'union, que la plus gronde partie parait désirer de voir régner entre les trois corps, peut s'établir assez pour opérer le bien que l'on espère obtenir des Etala généraux. J'aurai l'honneur. Monsieur, de vous rendre compte de tout ce que j'apprendrai se passer à celte Assemblée. »

12 mars 1789.

Réponse de l'Intendant d'Alençon ai x observations ADRESSÉES AU PREMIER PRÉSIDENT DU

Parlement de Rouen par le vicomte : sai, lieutenant de police de sées . au sujet de la misère excessive du peuple et des émeutes provoquées dans cette ville par la cherté des grains :

« Je connais le vicomte de Sée? pour une très mauvaise tôle. Tous les honnêtes gens de la ville se plaignent de la manière dont il y fait la police. Il court risque d'éloigner des marebés tous ceux qui auraient du blé à y apporter par la facilité qu'il donne au peuple de s'opposer à ce que les blés qui n'auraient pas été vendus, soient remportés. Vous concevez qu'un laboureur qui n'a pu vendre son grain dans un marché veut avoir la liberté d'aller ailleurs essayer s'il sera plus heureux. »

Enregistrement de l'arrêt du Parlement de Rouen, rendu toutes chambres assemblées, le 5 mars H89, portant règlement sur les jeux de billard et fixant le nombre des billards

autorisés dans chaque ville et bourg de la province. A Alcnçon, Avranches, Bayeux, Cherbourg, Coutances, Dieppe, Evreux, Gisors, le Havre, Lisieux, Pont- Audemer, le nombre des billards fut limité à six. Dans les autres villes, il fut réduit à trois, sauf à la police locale à ne pas admettre ce nombre dans les endroits qui n'en seraient pas susceptibles.

16 mars 1789.

Assemblée des trois ordres du Bailliage d'Alençon dans l'église Notre Dame, le Clergé ayant la droite, la Noblesse la gauche et le tiers-etat le centre.

Une lettre de l'Intendantà Necker, du 18 mars, contient un compte rendu, des premières séances de cette grande Assemblée.

« Le Bailliage d'Alençon a ouvert lundi ses séances. Jusqu'ici les trois ordres ont été occupés en commun à l'appel de tous les membres et à la lecture des procurations. Demain ils se sépareront et travailleront chacun de leur côté à l'examen des demandes que chacun des membres désirerait être employées dans le Cahier général.

« Quoique quelques propositions de plusieurs bailliages secondaires soient peut-être extravaganies, je crois entrevoir que lorsque le Tiers- El a t sera bien assuré que le vœu des deux premiers ordres est de partager également les impositions, comme en effet, c'est l'avis de

la pïus grande partie, il se désistera des prétentions outrées qu'il a formées.

« F.cs deux premiers ordres se flattent, en (uonce, que le Tiers-Etat ayant ob'.enu ce qui le touchait !e plu?, il sera facile aux esprits de se concilier sur tous les autres objets. J'aurai l'honneur, Monsieur, de vous rendre compte de ce qui se sera passé dans ces assemblées qui vont devenir plus intéressantes. Le choix des députés est principalement ce qui occupe. Il se forme bien quelques intrigues pour obtenir des voix, mais jusqu'à présent je ne vois pas de sujet qui en ait réuni un assez grand nombre pour qu'il puisse se flalti r d"êlre élu. Au surplus1, tout s'est passé dans l'Assemblée avec la plus grande tranquillité. »

20 mars i7>.9.

Discours adressé par la députation du Tiers- Etat a l'Ordre de la Noblesse assemblée a Alençon pour l'élection des députés aux Etats" généraux.

Sous les formules d'une déférence affectée, on distingue sans peine, dans celte harangue officielle, l'amertume et l'ironie qui se montraient au grand jour dans les discours comme dans les écrits émanant des représentants de l'ordre qui déjà aspirait à être tout.

« Messieurs, l'ordre du Tiers-Etat n'oubliera dans aucun temps que la Noblesse est le prix des vertus, il se gardera bien de soupçonner

que la classe la plus illustre de l'Etat cesse jamais d'être la plus généreuse. »

23 mars 1789.

Réponse de l'Intendant d'Alençon au mémoire du chevalier de Bretteville sur de pkétendvs accaparements de blé aux environs d'Orbec.

« J'apprends avec chagrin qu'il n'y a peutêtre pas dans ce canton plus de trois ou quatre laboureurs ou propriétaires qui aient dans leurs greniers la valeur de 50 setiers de grains, mesure de Paris. Si ces gens ne les portent pas au marché, ce qui n'y ferait qu'un faible bien, c'est qu'ils les gardent pour leur consommation, ce qui est peut-être prudent de leur part

« Je ne peux pas blâmer le chevalier de Bretteville de dénoncer des abus qu'il croit se commettre, mais il aurait dû prendre des informations plus certaines, et il est même à craindre que répandant ses soupçons dans le public, il n'ameute le peuple contre ces laboureurs qu'il dit amasser des grains, et ne fasse piller le peu qu'ils en ont. Heureusement cependant qu'il est connu pour donner souvent dans des chimères ; et ce qu'il pourra dire sur l'amas des grains ne produira peut-être pas l'effet qu'il aurait, si ces bruits venaient d'une tête plus rassurée. »

25 mars 1789.

Rapport de l' Intendant d'Alençon a Xecker

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