‹ EphesiacaChapitre 12 sur 23 · Hist. nat., V, n5 (éd. Sillig · texte numérisé non relu

Hist. nat., V, n5 (éd. Sillig

LA COLOMSATION d'Éï'HÈSE PAR LES lOTilEINS 2D

au lieu de Syriani, est significative. Elle prouve que l'écrivain consulté par Pline se servait du dialecte ionien. Rapproché des ionismes qui subsistent dans le morceau d'Athénée (à'-rea, xYipô, Tpr;/zXx pour TsxyzXx), cet emploi de '^•jzir, fait supposer que l'auteur de Vllistoire naturelle avait, comme celui du Banquet des Savants, les Annales de Gréophyle sous les yeux. Il n'est pas douteux en tout cas que l'île anonyme de l'un ne soit la Syrie de l'autre et que le seul point du golfe auquel on la puisse assimiler est le mamelon de Kourou-ïépé '.

2° Le port Sacré. On le confondait autrefois à tort avec le port de Panormos : il ne peut être, comme la logique l'indique et comme l'a montré M. Benndorf % que le port voisin de l'Ârtémision, c'est-à-dire le vieux port.

3" La Haute Ville. M. Benndorf l'assimile à la colline d'Ayasolouk^. Sa thèse est juste; mais elle soulève une objection qu'il importe d'écarter. Gréophyle, dans son récit, ne souffle mot d'une acropole voisine de lArtémision et nous transporte à l'autre bout de la plaine, sur le versant nord du Coressus. C'est également là que Strabon fixe l'établissement ionien. Il semblerait donc que la Haute Ville de Pausanias dût être regardée comme identique à la fondation d'Androclos et, par suite, adossée à la masse orientale du Bulbul-Dagh.

Mais remarquons d'abord que nous ne possédons du livre de Gréophyle qu'un extrait où Androclos n'est même pas nommément cité. Qu'il s'agisse ici de lui, la chose ne fait pas doute, et il est évident qu'il figurait quelque part dans le passage. Toujours est-il que la coupure d'Athénée olTrc au moins cette lacune et que nous ne saurions nous étonner qu'elle en présente d'autres.

Puis, quoi but se proposait l'auteur des Annales é plu- sien ne s? Glorifier le chef codride, mettre en lumière ce qui lui appartenait en propre, montrer (juil avait réellement droit au titre à''S'.y.'.z-r,z dont Ihonorait la cité. Dans ces conditions, mentionner la citadelle où résidaient Lydiens et Lélèges ne cadrait

I. fliilil, Kioport, \\V'l)or l'avaionl rcronnu depuis longlcmps. 1. h'ursrhunfjcn in Eplvsos, t. I, p. i8-'i(j (cf. P- ^3 et 58). 3. Ibid., p. 23-2.'i.

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pas avec son dessein, puisque ce n'était pas le héros grec qui l'avait bâtie. Voilà pourquoi, chez Créophyle comme chez Strabon, toute l'attention est dirigée vers la région coressienne, où Androclos avait, non plus utilisé les créations des autres, mais innové pour son compte, et où s'élevait, en témoignage de son activité colonisatrice, le tombeau qui était comme le signe distinctif du quartier. Ainsi, du silence de Créophyle, on ne saurait conclure qu'au xi' siècle le mamelon d'Ayasolouk était désert. Supposer un moment que cette colline, prédestinée par la nature à être la meilleure guette de la plaine, n'ait pas, du jour où il y eut un port et un sanctuaire à son pied, joué vis-à-vis d'eux le rôle d'une place de garde et de protection, est un non-sens véritable. Le tertre d'Ayasolouk fut nécessairement le premier siège d'Éphèse'.

On observera que Strabon, tout en concentrant l'effort d' Androclos autour du Coressus, parle au préalable de la ville carienne et lélège : rr;; oï tSk'.^» ôV/.cuv [jAv Kapiç te /.al AsAsyîç. Pour sèche et hâtive qu'elle soit, sa rédaction n'en distingue pas moins cette vieille ville, jusqvie-là occupée par les indigènes, de l'établissement nouveau, fondation exclusive des Grecs. S'il a dit rr;/ tSkvi au lieu de -iY;v avoj -îa'.v, cela tient, soit à ce que lui ou ses sources avaient en vue, non plus seulement, comme Pausanias, l'acropole, mais aussi le quartier du port et du sanctuaire avec lequel celle-ci, en somme, ne faisait qu'un, soit à ce que, chez les Éphésiens comme chez les Athéniens, le terme zôai; était usuel pour désigner le château. Un peu plus loin 2, notre géographe se sert encore du même mot, et l'emploi qu'il en fait ne peut être admis, M. Benndorf l'a prouvé^, que dans ce sens-là.

1. Actuellement, sur la colline d'Ayasolouk, on ne discerne aucun reste d'une forteresse archaïque. Peut-être (hypothèse de M. Benndorf, Forschungen in. Ephesos, t. I, p. 24), le château primitif était-il construit, à l'orientale, en briques friables. (^)uant aux maisons qu'il dominait, sans même avoir été de simples paillottes, comme à Sardes (Hérodote, V, loi), elles pouvaient être bâties en pierrailles et recouvertes en terre. 11 n'est pas dit non plus qu'un coup de pioche ne nous fournira pas demain les vestiges qui nous font défaut aujourd'hui. Sur la préférence que les Préhellènes donnaient, pour bâtir leurs acropoles, aux « mamelons d'accès facile, situés au centre des plaines», nous avons maintenant le témoignage des récentes fouilles d'Argos (W. Vollgraff, Bull, de Corr. hellén., t. XXX, 190G, p. 5).

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