Forscliiingen in Ephesos, t. I, p
La TOPOGRArUIE DEPUÈSE t'y
pays ait pu la choisir comme second terme dans une numération précise. Cela étant, ou la version primitive dont se servit Diodore était rédigée comme j'ai moi-même à dessein tourné ma traduction, c'est-à-dire sans bien spécifier à laquelle des deux prises de Thibron, place ou montagne, s'appliquait l'évaluation de distance, et alors la confusion de notre compilateur s'explique d'elle-même; ou, dans la narration originale, résumée plus ou moins exactement par un lecteur distrait, l'expression àzr/iv s'appliquait à ce qui sert habituellement de jalon aux mesures itinéraires, c'est-à-dire à une localité, par conséquent à la petite place d'ionda.
Or, comptés d'Ayasolouk, par le chemin qui suivait la mer en contournant successivement le Panayir-Dagh et le Bulbul- Dagh', les 4o stades en litige nous mènent dans le fond de la baie de Panormos^ vers le point où la vallée du Kenchrios se resserre entre les montagnes. Qu'il y ait eu là un fortin pour garder la route bifurquant d'une part sur Ortygie et de l'autre sur Pygela, on le conçoit sans peine. De cette tète de fourche, on est posté à souhait pour tenter l'escalade du Coressus, et cette seconde opération est précisément celle que l'on attribue au général lacédémonien. En conséquence, je serais d'avis non seulement de ne pas toucher au chiiï're de ^o stades, mais encore de l'utiliser pour fixer, au débouché des ravins du Kenchrios, le ywp-cv d'ionda 2,
Ce nom étant un xz7.c, on a voulu corriger hvoa en Il{:va^\ Mais cette première correction en nécessite une autre : celle du chiffre des stades. S'il faut admettre, ce qui n'est rien moins que sûr, une corruption des manuscrits de Diodore ou de ses sources, le seul nom qu'on puisse avec quelque vraisemblance substituer à londa est Isinda. Dans une des listes des tributaires d'Athènes, les Isindicns sont catalogués entre les Pygéliens et les Éphésiens-'. Le voisinage qu'on leur assigne nous
I. C'est le Kxpà Oâ/a-riav ôoo; de l'inscription de la tour dite Prison de saint Paul. 3. M. Bcnndorf, à qui j'ai soumis mon hypothèse, estime <|n'il faudrait plutôt chercher londa sur l'Ala-Da^fh.
3. Fr. Vdgei.dans son édition do Diodore (cf. Forschungen in E/ihesos, 1. 1, p. ('ii,n. 3).
4. C. I. A., 1. 1, n* 237 (ol. 8'i,2 = 4'|3 avant J.-C). Dans le n" a3.S, l'ordre est le suivant: ll-jyE/fp, 'Iti'voioi, MtV.Tiatoi, 'Eçfiioi.
G. IIADLT. a
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reporte curieusement à Tendroit même où nous avons fixé londa. Faut il cependant identifier les deux groupes? Paléographiquement, l'altération d'ICINAA en lONAA s'expliquerait de la façon la plus simple par la soudure des lettres C et I se coagulant en O sous l'effet d'une proximité trop grande. En dépit de ces raisons spécieuses, et puisqu'il s'agit d'un territoire dont Pline note la richesse d'appellations i, il me paraît sage de maintenir, jusqu'à preuve du contraire, le doublet londa-Isinda.
Il me reste, pour terminer, à dire un mot des changements de site d'Éphèse. Quand, vers le milieu du xi^ siècle avant notre ère, Androclos et ses compagnons pénètrent dans le golfe du Caystre, la mer baigne encore les pentes du mamelon d'Ayasolouk^. C'est là qu'ils abordent et qu'ils s'établissent. Le hameau actuel, avec son enceinte turque et son kastro byzantin, marque l'emplacement de la première Éphèse grecque. L'Ile oii séjournèrent les Ioniens, avant de se risquer sur la terre ferme 3, ne fait qu'un, selon toute apparence, avec la Syrie de Pline ^, cest-à-dire avec le tertre de Kourou-Tépé. II en résulte que, cinq cents ans avant l'annexion des Éphésiens à la ligue attico-délienne, le flot marin s'avançait jusqu'à l'entrée de la passe qui relie la plaine d'Ayasolouk à la plaine Caystriane. Mais peu à peu ce goulet se comble. En ^99, lors de la révolte de l'ionie, l'escadrille portant le corps expéditionnaire contre Sardes ne débarque pas à Éphèse même, bien qu'elle n'ait rien à redouter de cette ville, mais à Goressos, évidemment, comme le conjecture M. Benndorf^, parce que le vieux port était déjà d'un accès difficile aux navires d'un certain tirant d'eau.
D'âge en âge, on suit les progrès de l'envasement. L'Artémision du vi" siècle, édifié à l'aide des subsides de Crésus, reposait, par trois marches, sur une plate-forme haute seulement de i^oS au-dessus du niveau de la mer. Quand la torche d'Hérostrate l'eut brûlé, dans la nuit du 21 juillet 356, et
I. « Multis expetita nominibus » (Hist. nat., V, ii5, éd. Sillig).
a. Voir plus haut, p. g, n. i .